Note de lecture n°2 – « Batman – 1. La Cour des Hiboux » et « Batman – 2. La Nuit des Hiboux »

C’est comme toujours avec du retard que je m’étais plongé dans ces deux œuvres que sont La Cour des Hiboux et La Nuit des Hiboux, une aventure en deux tomes de Batman signée Scott Snyder (scénario) et Greg Capullo (dessin). D’autres participeront notamment au deuxième volume, à savoir le scénariste James Tynion IV et les dessinateurs Rafael Albuquerque, Jason Fabok, Becky Cloonan et Andy Clarke.

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J’ai entamé cette lecture sur recommandation d’un certain nombre d’aficionados des comics estampillés Batman. Je n’avais jusqu’alors jamais réellement lu de comics mettant en scène l’Homme Chauve-Souris (exception faite du Dark Knight de Frank Miller), malgré toute l’admiration que j’ai pour ce héros. C’est dingue, non ?

Avant toute chose, je dois dire que j’ai été complètement séduit par le style de Greg Capullo. Son dessin correspond plutôt bien à l’univers de Batman je trouve. Il dessine des gueules usées telles que je les imaginais. Et de manière générale, son dessin est plutôt fin je trouve et sa mise en scène intelligente. J’ai en revanche moins apprécié le style de Rafael Albuquerque par exemple. Mais c’est très subjectif.

Jouant sur les ombres et les couleurs, Greg Capullo donne un style bien à lui à l'univers de Batman

Jouant sur les ombres et les couleurs, Greg Capullo donne un style bien à lui à l’univers de Batman

J’entame donc La Cour des Hiboux avec envie et enthousiasme et je n’ai pas été déçu. Je m’attendais à une sorte de polar sombre et mystérieux par les personnages et surtout les antagonistes qu’il mettrait en scène et c’est ce que j’ai eu. Ne connaissant pas le travail de Scott Snyder, je n’irai pas vous dire qu’il a pu faire mieux ou moins bien. Le fait est surtout qu’il fait ici du bon boulot. Le tome 1 de cette histoire est très bien ficelé. Il m’a complètement entraîné dans l’univers du Dark Knight tout en me rappelant des choses que j’avais pu mettre plus ou moins de côté auparavant, comme le fait qu’avant d’être un super-héros/justicier masqué, Batman est aussi un détective, un type qui mène l’enquête. Cet aspect là, assez oublié dans les films (où le côté justicier, héros de Gotham est largement plus mis en lumière), est ici très bien mis en avant. Je pense notamment au passage de la découverte de la première victime des Hiboux. On y voit un Batman qui observe, qui analyse, qui réfléchit… Et on le suit, sans problème. Bon évidemment Batman, ce n’est pas que ça et l’action est elle aussi présente, par exemple lors du premier duel entre Bruce Wayne et un des Ergots de la Cour des Hiboux ou lorsque Batman doit se sortir in extremis de l’explosion d’un bâtiment où il est justement en train d’enquêter. Mais le point d’orgue de ce premier épisode, c’est sans conteste le labyrinthe des Hiboux, dans lequel Batman prend conscience l’ampleur de la menace tout en la subissant de plein fouet. Aussi seul qu’il puisse l’être dans ce dédale, il n’en demeure pas moins que cet ouvrage constitue à lui seul une arme redoutable qui met à mal le Chevalier Noir. Et quoi de mieux pour illustrer les tourments psychologiques d’un personnage, en l’occurrence de le personnage principal, que de jouer sur la mise en page ? Au fil des pages, le lecteur est amené à tourner, retourner et tourner encore son livre pour poursuivre la lecture. Pas bête, loin de là, car le lecteur s’immerge dans cette ambiance de folie et s’identifie peu à peu à Batman à travers les maux qu’il subit alors. Ce premier tome tourne ainsi de manière tout à fait fluide et maîtrisée tout en jouant sur une tension plus ou moins permanente. Le second volet, La Nuit des Hiboux, m’a en revanche moins séduit. Pas que cette suite soit mauvaise, au contraire, mais elle m’est apparue moins palpitante que La Cour des Hiboux. Pour l’anecdote, j’ai eu énormément de mal à trouver La Nuit des Hiboux. Que ce soit à la Fnac, à Cultura à l’Espace Culturel Leclerc ou dans les boutiques plus spécialisées, il y a eu un bon moment de passé où je n’ai pas vu un seul exemplaire de ce deuxième tome. Mais le fait est que j’ai fini par mettre la main dessus (j’ai eu du bol, c’était le dernier qui restait). Et donc, comme je le disais, je l’ai trouvé moins palpitant. Peut-être était-ce parce qu’il était plus dans l’optique d’apporter la résolution de l’énigme, la clé de l’enquête et finalement de mener cette dernière à son terme. Batman apparaît ici avoir toutes les clés en main (ou presque) et il n’a plus qu’à remonter le fil pour mettre un terme aux agissements de la Cour. Aussi, après une entrée en matière particulièrement dense, le rythme se calme et laisse le lecteur avancer assez tranquillement vers la conclusion de cette aventure. Même l’ultime combat entre Batman et celui qui s’avérera être son principal ennemi dans cette histoire semble moins intense que n’a pu l’être tout le cheminement proposé dans La Cour des Hiboux. En revanche, les révélations faites par cet ennemi final étaient intéressantes. Ce qui est dommage en revanche, c’est qu’il subsiste un doute à la fin, malgré les certitudes qu’avance Bruce Wayne. J’aurais apprécié une conclusion plus claire. Ou alors que l’un des récits complémentaires proposés à la fin ce volume vienne répondre aux toutes dernières questions à ce sujet. Tant pis, je resterai avec mes doutes. Ça participe aussi au caractère mystique de Batman.

Batman à la lutte avec un Ergot, assassin à la solde des Hiboux

Batman à la lutte avec un Ergot, assassin à la solde des Hiboux

Les récits complémentaires justement, parlons en. Si je n’ai pas trop accroché à L’Esprit dans la Machine, que j’ai trouvé assez anecdotique, je dois dire que l’histoire avec Freeze m’a bien plus intéressé. Redécouvrir un peu les origines de ce méchant était quelque chose d’agréable et c’est toujours bon de savoir d’où viennent ces personnages complètement barrés qui peuplent Gotham City. D’autant que les retours en arrière de cet épisode étaient plutôt touchants et contribuaient selon moi à renforcer le caractère d’écorché vif de Freeze.

Certains trouvent que ce récit fait de Freeze un barge parmi les autres. Ce n'est pas mon avis.

Certains trouvent que ce récit fait de Freeze un barge parmi les autres. Ce n’est pas mon avis.

Voilà donc en gros ce que j’ai pensé de La Cour des Hiboux et La Nuit des HibouxDeux opus rondement menés, avec un avantage pour le premier (plus prenant). Cette aventure est idéale pour ceux qui se lancent pour la première fois dans la lecture des comics Batman, même sans réellement connaître l’univers du Chevalier Noir.

Si vous avez des conseils à me prodiguer quant aux comics auxquels je devrait désormais m’intéresser, je suis toute ouïe.

Batman – 1. La Cour des Hiboux, Scott Snyder & Greg Capullo, Urban Comics, 176 pages (15€).
Batman – 2. La Nuit des Hiboux, Scott Snyder & Greg Capullo, Urban Comics, 208 pages (19€).

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4 réflexions sur “Note de lecture n°2 – « Batman – 1. La Cour des Hiboux » et « Batman – 2. La Nuit des Hiboux »

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