Le Vilain, Albert Dupontel, 2009

Le Vilain, comédie de et avec Albert Dupontel. Avec aussi Catherine Frot, Nicolas Marié, Bouli Lanners, Bernard Farcy…
La note du Koala : 4/5

19181960Le pitch : Après un braquage de banque, Sidney Thomas (A. Dupontel) est pourchassé et trouve refuge chez sa mère (C. Frot), qu’il n’a pas revue depuis vingt ans. Celle-ci découvre par inadvertance toute la méchanceté dont son fils a su faire preuve depuis qu’il est tout petit et décide de le ramener dans le droit chemin.

La critique : J’avoue que je ne sais pas trop par où commencer. Le Vilain, j’en avais entendu parler, et pas qu’en mal, loin de là. Mais il faisait partie de ces films que j’ai rangés dans la catégorie « Mouais, on verra si ça passe à la télé ». Et c’est passé à la télé, histoire de me faire comprendre que j’étais moi-même passé à côté de quelque chose.

Franchement, j’ai envie de vous dire que Le Vilain est un OVNI. Une de ces œuvres dont on comprend bien que c’est une comédie en l’occurrence mais dont on ne peut s’empêcher de sentir comme un cas à part, un autre. Ce film d’Albert Dupontel est à la limite d’être inclassable. Disons pour de rire que c’est un film d’Albert Dupontel, ni plus, ni moins. Pas une comédie, pas un drame, pas un mélange des deux ou quoi que ce soit d’autre. Mais un film de Dupontel. Car Le Vilain transpire de l’esprit de ce dernier, ça se sent du début à la fin. Complètement barré mais en même temps intelligemment drôle et parfois caustique, ce film fait partie de ces œuvres qui ne peuvent venir que du cerveau de celui qui a pensé et de celui de personne d’autre. Un peu comme si le cinéaste en question mettait toute sa façon de voir les choses dans son travail. Le Vilain joue alors avec les ambiances, les codes, les gags pour mieux se construire dans une sorte de synthèse estampillée Dupontel. On notera toutefois que celui-ci s’est quelque peu calmé (si je puis dire) par rapport à des films comme Bernie. Le Vilain est à mon sens plus accessible, peut-être parce que moins délirant (ou déliré d’ailleurs). Ou plutôt, disons qu’il est délirant mais d’une autre manière. Enfin vous voyez ce que je veux dire, non ?

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Albert Dupontel et Catherine Frot livrent des échanges réjouissants.

Après, si l’on apprécie l’esthétique du film, sa filouterie (oui, oui, sa filouterie, n’ayons pas peur des vieux mots) et sa propension à naviguer dans les eaux tumultueuses d’un n’importe quoi général somme toute divertissant et amusant, on ne pourra cependant que noter l’inégale qualité du scénario. C’était bien parti pourtant avec cette histoire de vieille brave femme qui veut remettre son bandit de fils dans le droit chemin. Mais le tout s’enlise peu à peu pour se laisser aller à une certaine facilité. L’ensemble reste agréable, mais l’intensité du scénario n’est au rendez-vous que par à-coups mal dosés. Néanmoins, on appréciera toute la galerie de personnages qu’il met en scène : Sidney, sa mère, le médecin, le promoteur… Tous ou presque sont de petites pépites formidablement bien écrites et très bien amenées et mises en scène. Sans aucun doute, ce sont les personnages qui apportent tout son intérêt à cette histoire frappée mais avec des hauts et des bas.

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Dupontel prouve encore une fois quel excellent acteur il peut être.

Il faut dire aussi que le casting ne laisse pas à désirer. On ne pourra que saluer la performance d’Albert Dupontel, toujours aussi fou mais en même temps toujours aussi juste dans son interprétation. Il compose ici un formidable bandit sans scrupules, le tout grâce à une présence intacte, à une élocution comme toujours excellente (sa façon de parler a toujours été un atout selon moi, exception faite de ses sketches que je ne supporte que très difficilement dans la plupart des cas) et à une énergie maîtrisée. A ses côtés, Catherine Frot en impose, comme d’habitude. J’admire la capacité de cette femme à glisser d’un rôle à l’autre avec une telle aisance. Elle saura être la Folcoche de Philippe de Broca puis la Prudence de Beresford de Pascal Thomas pour enfin être Maniette Thomas chez Dupontel. Des rôles toujours différents mais à chaque fois joués avec un talent indéniable et une justesse folle. Enfin, s’il fallait retenir un troisième nom dans ce casting, c’est sans doute celui de Nicolas Marié dans son rôle de médecin à la ramasse. Il apporte à chacune des scènes où son personnage apparaît l’absurdité nécessaire et qu’on imagine coller parfaitement avec ce qu’Albert Dupontel avait en tête en composant ce protagoniste.

Albert Dupontel confirmait donc avec Le Vilain tout le génie dont il peut faire preuve au cinéma. Ça + les César obtenus hier soir et j’ai maintenant très envie de voir 9 Mois Ferme.

Le « Oh, au fait ! » :
C’est la deuxième fois que Catherine Fort et Albert Dupontel tournent ensemble après Odette Toulemonde, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Quant à Philippe Duquesne, c’est la deuxième fois qu’il joue pour Albert Dupontel. Le nombre s’est depuis élevé à trois avec sa participation à 9 Mois Ferme. Nicolas Marié enfin a quant à lui joué dans tous les films dirigés par Dupontel.

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