Photo Obsession, Mark Romanek, 2002

Photo Obsession, thriller de Mark Romanek. Avec Robin Williams, Connie Nielsen, Michael Vartan, Dylan Smith…
La note du Koala : 4/5

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Le pitch : Sy Parrish (R. Williams) travaille dans le labo de développement photographique d’une grande surface et profite de cet emploi pour vivre par procuration en s’immergeant dans la vie de ses clients grâce à leurs photos. Sy est particulièrement intéressé par la vie des Yorkin. Un intérêt qui va grandissant jusqu’à l’obsession.

La critiquePhoto Obsession est un film dont j’ai régulièrement entendu parler sans jamais avoir eu l’occasion de le voir. DVD introuvable, jamais de diffusion à la télé… Jusqu’à il y a quelques jours.

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours été persuadé que Photo Obsession était un film de Brian De Palma. Sans doute est-ce parce qu’il a réalisé un film intitulé Obsession. Enfin bref, je découvre donc que ce film-ci n’est pas de lui. Il est de Mark Romankek, qui réalise ici son premier grand film (personne ou presque n’a entendu parler de Static, sorti en 1985) et en profite pour laisser entendre qu’il est prêt à en découdre dans la cour des grands. Sa réalisation laisse parfois à désirer mais, dans l’ensemble, le cinéaste offre ici une oeuvre d’une qualité tout à fait respectable. Par « laisse à désirer », j’entends que Mark Romanek se laisse quelque fois aller à un certain respect des conventions qui tranche un eu avec son envie de créer quelque chose de plus original? Ainsi, il use parfois de ressorts qu’on a déjà vu fonctionner à de multiples reprises dans d’autres films du genre. Néanmoins, cela n’enlève rien à la qualité générale du film, qui mérite selon moi de figurer aux côtés des meilleurs thrillers. Angoissant, anxiogène, prompt à vous laisser douter, Photo Obsession ne ménage pas son spectateur et cherche à le secouer, si ce n’est à le déranger.

Robin Williams One Hour Photo

Robin Williams livre une prestation totalement inattendue…

Car il est dérangeant ce personnage de Sy Parrish. Et il le faut car c’est essentiellement sur ses épaules que repose l’intégralité du film. Romanek doit alors chercher le moyen de le rendre le plus solide possible. Et pour cela, il en fait l’élément principal de toute la gêne qui peut naître chez le spectateur. Sy a cette particularité d’être un peu construit sur un dualité. D’un côté, on ressent comme une certaine empathie à son égard, on prend presque pitié pour lui, pour la tristesse de sa vie de solitude, pour son apparente incapacité à nouer des liens. Mais de l’autre, on est inquiet, on a presque peur de lui. Pourquoi est-il si obsédé par cette famille ? Jusqu’où cela va-t-il le conduire ? Est-ce qu’il ne va pas faire quelque chose d’horrible, d’irréparable ? Romanek joue sur cette dualité de sentiments et ne laisse que peu de possibilités au spectateur pour s’en sortir. Jusqu’au bout, le rapport que l’on entretient avec Sy reste le même. On ne sait si on doit le plaindre ou le conspuer.

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…et même carrément anxiogène.

Ce qui avait attisé ma curiosité concernant ce film, c’était avant tout le fait qu’il mettait en scène Robin Williams dans un thriller. Ce n’est pas la première fois que je vois un film où l’acteur joue à contre-emploi (InsomniaJakob le Menteur font partie de ceux qui me reviennent en tête à l’instant) mais il me semble que c’est toujours intéressant de voir un acteur plonger dans un autre univers que le sien. Et je pense que l’on peut dire sans se tromper que Robin Williams s’en sort honorable dans ce rôle qui fait un peu écho au personnage qu’il campait dans l’Insomnia de Christopher Nolan. Il joue sur cette faculté qu’il a à avoir un air à la fois sympathique et triste tout en distillant cette fois-ci quelques pointes de colère bienvenues. Il exprime alors une sorte de frustration d’autant plus intelligente qu’elle colle parfaitement au propos du film. Difficile en revanche de parler du reste du casting tant Robin Williams occupe toute la scène. Je dirai simplement que l’on se retrouve ici avec une large galerie de seconds rôles tous de niveau équivalent mais également tous effacés par la prestation sans détours ni compromis d’un Robin Williams hors-normes.

Mark Romanek a donc su construire avec Photo Obsession un thriller pas haletant mais prenant, saisissant. Robin Williams confirme ses talents d’acteur dramatique. Un film à voir, sans nul doute.

Le « Oh, au fait ! » :
C’est la deuxième fois dans sa carrière que Robin Williams incarne un personnage du nom de Parrish, la première étant dans Jumanji (Joe Johnston, 1995).

Les noms de famille d’un certain nombre de personnages ont été choisis en référence à de véritables photographes (Araki, Van Der Zee, Burson, von Unwerth, Siskind…).

Photo Obsession a remporté le Prix spécial du jury au Festival de Deauville 2002.

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