Gatsby le Magnifique, Baz Luhrmann, 2013

Gatsby le Magnifique, drame de Baz Luhrmann. Avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan, Joel Edgerton…
La note du Koala : 4/5

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Le pitch : Avec l’ambition d’entrer à Wall Street, Nick Carraway (T. Maguire) s’installe à New York, où il retrouve notamment sa cousine Daisy (C. Mulligan) et son riche mari Tom (J.Edgerton). Mais surtout, il va y faire la rencontre de son excentrique voisin, Gatsby (L. DiCaprio), millionnaire faisant l’objet des plus folles rumeurs et qui donne d’incroyables fêtes dans son immense maison toutes les semaines.

La critique : En attendant de voir Moulin-Rouge! ou Roméo + Juliette, je poursuis ma découverte de Baz Luhrmann, entamée avec Australia, avec son tout récent Gatsby le Magnifique. Je ne savais pas à quoi m’attendre, j’ai été agréablement surpris.

De Gatsby, je ne savais que peu de choses finalement. Un pitch, une ouverture du dernier Festival de Cannes, un casting alléchant… Rien qui me permette de savoir dans quoi j’allais mettre les pieds. Etait-ce une comédie, était-ce un drame, était-ce les deux à la fois ? J’entame donc le visionnage de ce film avec un appétit certain, l’envie d’en savoir plus. Très vite, même en n’ayant vu qu’Australia, je comprends que je suis bien chez Baz Luhrmann. Il suffit d’une chose pour que le cinéaste vous entraîne dans son univers. Et cette chose, formidablement maîtrisée par le cinéaste, c’est la mise en scène. Cette dernière lui est propre, dans son intégralité : plans, effets, photographie et lumière… Tout semble estampillé « Luhrmann Seal of Quality« . On sent une volonté d’offrir quelque chose d’autre, de différent, qui se démarque des productions actuelles. En cela, Luhrmann remplit le contrat avec brio. On appréciera également la façon dont il se joue des références en n’hésitant notamment pas à glisser nombre d’anachronismes musicaux tout au long du film. Une idée de génie d’ailleurs. Car, si l’ambiance générale autour de Gatsby et de ses fêtes y fait déjà penser, cette proposition qui consiste à glisser par exemple des titres de Florence & The Machine ou de Beyoncé permet de renforcer de manière appuyée le clin d’d’œil fait à une frange de la population dont on entend fréquemment parler. Celle des nantis actuels en général et de la jeunesse dorée en particulier. Ainsi, divers artistes tels que Jack White, Jay-Z, will.i.am ou même Lana Del Rey viennent poser leurs voix sur une bande originale décalée mais en même temps tellement cohérente.

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Tobey Maguire et Leonard DiCaprio forment un duo intéressant.

En ce qui concerne le scénario, j’avoue que j’ai eu du mal à me faire un avis intangible à son sujet. D’un côté, j’étais relativement déçu de cette histoire. Je pensais que tout ceci allait tourner autour du personnage de Gatsby et, après les quelques premières minutes du film, autour du mystère qui entoure l’identité de ce personnage. On commence ainsi par le présenter comme une énigme à lui tout seul, un type que tout le monde connaît mais dont personne ne sait rien… On construit ainsi une forme d’attente autour du personnage, mais finalement, on laisse ça de côté pour se contrer sur cette sorte de romance impossible qui sera bel et bien le fil conducteur du long métrage. En conséquence, je regrette qu’on nous fasse monter la sauce comme ça avec la question de savoir qui est vraiment Gatsby pour finalement passer à autre chose et n’y revenir que bien plus tard. Et puis cette romance, je l’ai trouvée un peu fade par instants. D’un autre côté, je me suis laissé prendre au jeu. J’ai suivi cette histoire de bout en bout et j’ai ressenti cette tension palpable, ce climax prenant à la presque fin du film. Mais je crois que c’est la mise en scène élaborée de Baz Luhrmann qui m’a permis de m’immerger tout à fait dans l’histoire.

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Carey Mulligan est pour moi une découverte.

Et pour porter tout ce travail, il y a ce casting. Ce casting à la fois surprenant et intéressant. Leonardo DiCaprio d’abord me paraît assez inattendu dans ce rôle. Enfin, pas inattendu mais…comment dire ? Disons que je n’aurais pas immédiatement pensé à lui pour ce rôle. Néanmoins, le choix est tout ce qu’il y a de plus judicieux quand on voit ce que DiCaprio fait de ce rôle. Je le trouve ici à la fois souple et cadré, comme un acteur qui saurait faire le boulot qu’on lui demande tout en s’accordant quelques fantaisies parfois. J’ai eu le sentiment que l’interprète de Jack Dawson a bien grandi et mûri depuis le Titanic qui l’a rendu célèbre. Ici, DiCaprio m’apparaît comme ayant trouvé une seconde jeunesse, un souffle vivifiant qui le pousse à s’imprégner de l’extravagance de son personnage, tout en jouant de son expérience pour offrir un jeu tout ce qu’il y a de plus calibré. A ses côtés, je découvre un Tobey Maguire autre que celui que j’ai connu avec les Spider-Man de Sam Raimi. S’il garde sur lui cet air de jeunesse quelque peu insouciante, ce qui va plutôt bien avec son personnage, il semble lui également essayer de donner le meilleur. Je pense que la conduite d’acteurs de Baz Luhrmann n’y est pas pour rien. Mais le fait est que ce duo de tête s’en tire très honorablement. En revanche, Joel Edgerton et Carey Mulligan me semblent plus effacés. Si Edgerton donne à peu près tout ce qu’il a dans son personnage et le rend à chaque instant plus détestable, il n’en demeure pas moins qu’il reste cantonné au second plan, même s’il s’en détache parfois pour donner une dimension supérieure à son rôle. Quant à Carey Mulligan, si son jeu ne souffre pas d’énormes imperfections, je trouve tout de même qu’elle ne va pas toujours assez loin. J’aurais aimé qu’elle fasse de sa Daisy un personnage encore plus émouvant, une reine de tragédie en somme, mais je trouve qu’elle se limite trop à en faire la jeune femme tiraillée qu’elle est.

Au final, ce que l’on retiendra avant tout de Gatsby le Magnifique, c’est une mise en scène léchée, impeccable, et un duo d’acteurs DiCaprio/Maguire qui se lance et se relance la balle avec talent. Un film à voir, sans nul doute.

Le « Oh au fait ! » :
Le réalisateur Baz Luhrmann fait une très courte apparition dans le film. Lorsque Nnick retrouve la golfeuse Jordan Baker (incarnée par Elizabeth Debicki) afin que celle-ci lui explique ce dont Gatsby lui a parlé, on aperçoit furtivement le cinéaste dans le rôle d’un serveur/maître d’hôtel aux côtés de Nick.

Les actrices Amanda Seyfried et Scarlette Johansson ont toutes les deux été en compétition pour tenir le rôle de Daisy, finalement décroché par Ccarey Mulligan. Quant à Tom, joué par Joel Edgerton, il aurait pu prendre les traits de Ben Affleck.

 

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Une réflexion sur “Gatsby le Magnifique, Baz Luhrmann, 2013

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