Lincoln, Steven Spielberg, 2012

Lincoln, biopic de Steven Spielberg. Avec Daniel Day-lewis, Sally Fields, Tommy Lee Jones, Joseph Gordon-Levitt…
La note du Koala : 4/5

20244611

Le pitch : Seizième président des Etats Unis, Abraham Lincoln (D. Day-Lewis) a pour ambition d’abolir l’esclavage, ce qui a conduit son pays dans la guerre civile. Mais, contre vents et marrées, Lincoln tiendra bon et se battra jusqu’au bout pour obtenir le 13ème amendement.

La critique : Il était étonnant de ne pas avoir vu, jusqu’à aujourd’hui, de grand film relatant la vie de l’un des plus célèbres présidents des Etats Unis (sinon le plus célèbre tout court). Steven Spielberg corrige donc cet oubli et il le fait avec brio.

A la fois biopic et film historique, Lincoln est une fresque relatant l’un des événements majeurs de l’Histoire des Etats Unis (à savoir l’abolition de l’esclavage) mais ne se limite pas à cela et va dans un sens qui le pousse à explorer non seulement l’origine de cet événement mais aussi la personnalité de celui qui l’a monté de toutes pièces. On découvre alors ce pan de l’histoire que l’on ne connaît, celui qui est resté dans l’ombre, celui qui peut éventuellement entacher la légende et briser le mythe et où l’on découvre qui est l’homme derrière l’amendement. Mais attention, le but de Spielberg n’est certainement pas de détruire le mythe Abraham Lincoln. Bien au contraire, le réalisateur ne cherche qu’à le sublimer en s’appuyant notamment sur une brillante mise en scène. Lincoln repose sur une mécanique huilée comme Hollywood sait les faire et ne se heurte finalement à presque aucun obstacle. Je dis presque parce qu’il ne faut pas non plus nier que le film a tendance à trainer par moments. Par sa volonté d’explorer la vie de l’homme, ses doutes, ses soucis personnels et son rapport avec sa famille, Spielberg reste parfois très contemplatif dans sa mise en scène et donne finalement plus à voir qu’à vivre, un peu comme un exposé d’Histoire au collège ou au lycée (mais un bel exposé tout de même). Mais ces instants là ne sont finalement pas grand-chose par rapport à la qualité du film dans sa globalité. Je le disais, à la fois biopic et film historique, Lincoln entraîne le spectateur dans son univers et se dresse finalement comme un tableau exécuté de main de maître par Steven Spielberg.

lincoln-daniel-day-lewis

La ressemblance entre Daniel Day-Lewis et Lincoln est assez dingue.

Il peut être regrettable cependant que le cinéaste, dans sa volonté d’offrir une vision nuancée de cette histoire, ne cherche pas à aller jusqu’au bout des choses. Ainsi, on découvre le côté obscur de ce 13ème amendement, comment la corruption a joué un rôle essentiel. En cela, Spielberg tente de montrer que derrière tout grand homme, il y a aussi des éléments moins glorieux, un mystère qu’il vaut mieux garder plus ou moins secret en quelque sorte. L’idée n’est pas mauvaise mais n’est certainement pas achevée. Spielberg place deux ou trois petits éléments de ce type dans son film mais s’empressera toujours de rappeler que Lincoln, c’est avant tout un grand homme. Il le fera en montrant le génie du président dans certaines scènes où en usant sans vergogne de quelques effets de style tels que « je-place-Lincoln-dans-la-lumière-comme-s’il-était-touché-par-la-grâce-divine ». On sent que Spielberg a un peu le cul entre deux chaises pour le coup, si vous me passez l’expression.

film-review-lincoln.jpeg-1280x960

La mise en scène de Spielberg est parfois éculée.

Côté casting, Daniel Day-Lewis semble un choix évident. Sa stature, son attitude à l’écran font de lui un Abraham Lincoln idéal. Le piège avec ce rôle aurait été de tomber dans la démesure, de jouer de manière trop théâtrale et finalement de faire plus une caricature qu’une incarnation du président. Mais Daniel Day-Lewis est trop intelligent pour tomber dans ce genre de travers. Théâtral, il l’est, mais il reste dans une justesse sans égale. Son jeu complet repose sur cette capacité à être présent, non seulement parce qu’il incarne le personnage principal du film, mais aussi parce qu’il arrive à se porter en tant que tel. Il se met en avant et impose sa figure à l’ensemble du film mais, en même temps, il n’efface pas les autres comédiens. Et, par conséquent, Tommy Lee Jones et Sally Fields (pour ne citer qu’eux) ont un vaste champ devant eux pour s’exprimer à leur tour. Sally Fields notamment est brillante. Elle incarne la femme du président comme une tragédienne incarnerait une Andromaque. L’actrice plonge dans le pathos sans engloutir le spectateur dans une mélasse pathétique et cela ne fait que rendre sa prestation plus forte. Petit bémol, Joseph Gordon-Levitt qui, en plus de ne pas être très présent à l’écran (mais c’est le rôle qui veut ça), ne l’est pas non plus quand il y apparaît. Un peu en dessous de son jeu habituel, il livre une prestation plutôt effacée.

lincolndanieldaylewis

Daniel Day-Lewis est clairement le principal argument pour aller voir ce film.

Spielberg rend donc un très bel hommage au Président Lincoln à travers une épopée fabuleuse qui rappelle qu’il est bien loin le temps où le réalisateur filmait les aventures d’un extra-terrestre perdu sur Terre ou d’un archéologue aventurier.

Le « Oh, au fait ! » :
Harrison Ford aurait pu incarner le vice-président Andrew Johnson. Mais le retard qu’a pris le projet a fait tomber cette idée à l’eau. C’est notamment pour les mêmes raisons que Liam Neeson n’a pas accepté le rôle de Lincoln.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s