Australia, Baz Luhrmann, 2008

Australia, drame de Baz Luhrmann. Avec Nicole Kidman, Hugh Jackman, Brandon Walters, David Wenham…
La note du Koala : 3,5/5

Australia_ver4Le pitch : A l’aube de la Seconde Guerre mondiale, Lady Ashley (N. Kidman) part en Australie afin de rejoindre son mari. Elle est accueillie par le Drover (H. Jackman), homme de confiance de Lord Ashley, et ne tarde pas à découvrir que ce dernier été assassiné. Dès lors, Lady Ashley décide de prendre la propriété de son mari en main mais entre la CCC de King Carney (B. Brown) qui souhaite lui prendre ses terres, la guerre imminente et ses sentiments, Lady Ashley se lance dans un défi plus relevé qu’elle ne l’avait imaginé.

La critique : Je découvre Australia sur le tard je dois dire. Je me rends même compte que c’est mon premier Luhrmann (non, je n’ai pas vu Moulin Rouge). Je m’attendais ici à une romance bien enrobée de guimauve et de bons sentiments à outrance mais ce n’est pas ce que j’ai eu. Enfin, pas tout à fait.

Et pour être le plus exact possible, Baz Luhrmann a ébranlé tous mes a priori dès les 15 première minutes du film. Au lieu d’une rencontre ultra romantique et de ce genre de clichés qu’on croit usés jusqu’à la corde mais que les réalisateurs utilisent encore par exemple, j’ai eu droit à une rencontre qui dénotait par rapport à tout cela. Rien de bien exceptionnel mais il n’y a pas eu ces classiques que sont le premier regard, le premier toucher (accidentel la plupart du temps, histoire que les protagonistes rougissent un coup)… En fait, la rencontre entre Lady Ashley et le Drover (car on comprend aisément que c’est en partie de leur relation que le film va nous parler) n’a rien de classique, ou tout du moins rien de classique dans le domaine de la romance. Car, en fait, Australia n’a pas grand-chose à voir avec une romande habituelle. Evidemment, il y a des sentiments dans cette histoire mais Baz Luhrann réussit à diluer cela en le mêlant à d’autres choses, d’autres thématiques : la guerre, la ségrégation que subissent les aborigènes, les luttes de pouvoir… Luhrmann dresse au final une sorte de fresque qui viendra relater, avec plus ou moins d’exactitude et plus ou moins de libertés, la situation de l’Australie au tournant des années 1930-1940. En concevant son film ainsi, le cinéaste évite l’écueil que représente le fait de placer une histoire d’amour au cœur même d’un scénario qui se veut plus riche en aventures qu’en sentiments. Sans pour autant délaisser certains aspects, il cherche à établir et à respecter une forme d’équilibre entre les différents aspects de son film. Mais il reste indéniable que le film se compose en deux temps et que le second réussit moins bien son coup. Là où tout ce qui arrive avant la guerre réussit à maintenir assez honorablement cet équilibre bienvenu, on ne peut que constater (et regretter peut-être) que la seconde partie du film (la guerre) se tourne beaucoup plus largement autour des relations entre les personnages et l’action imposée par le conflit ne sert finalement plus que de décorum à cette romance complètement centrale cette fois-ci. Mais la chose qui véritablement gêné, c’est la façon dont le film s’éternise. Enfin…ce n’est pas qu’il s’éternise vraiment mais disons plutôt qu’il cumule les fins. Par exemple, lorsque toute l’intrigue autour du convoyage du bétail est passée, j’ai eu l’impression que ça allait se terminer (et ça n’aurait pas été mal d’ailleurs) mais en fait pas du tout. S’ajoute alors une nouvelle intrigue dont on croit également que le film s’arrête avec elle mais, là encore, pas du tout. Luhrmann multiplie en fait les climax et je me suis laissé prendre au piège de croire que chaque climax annonçait une fin. Le souci, c’est que lorsque l’on vous fait croire à 5 ou 6 reprises que c’est la fin et qu’en fait ça se prolonge derrière, ça devient frustrant.

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Nicole Kidman et Hugh Jackman s’inscrivent dans la tradition des couples de grandes romances.

Après ces aspects plutôt scénaristiques, il convient de s’intéresser à la mise en scène (c’est aussi pour cela que Baz Luhrmann est réputé). Je vais vous dire franchement ce que ça m’a inspiré : un conte. Il y avait un truc, un je-ne-sais-quoi qui m’a fait vivre ce film comme un conte. Par certains aspects, Australia était en quelque sorte fantastique. Peut-être est-ce lié à la façon dont son histoire se déroule et par ce qu’elle met en présence mais je crois que la façon de filmer de Luhrmann est loin d’être innocente dans ce ressenti. Alliant plutôt bien images réelles et images de synthèse (bien que ça tranche un peu trop parfois à mon goût), il donne une dimensions à Australia qui lui est propre. Et je ne vous cache pas que je suis bien embêté car je ne sais pas comment argumenter plus autour de cela. C’est le grand problème du ressenti. Il serait de toute façon vain de tenter de vous expliquer comment et pourquoi j’ai vécu ce film de cette manière que cela ne relève que de mon expérience propre. C’était plaisant en tous cas, sachez au moins cela.

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Nicole Kidman jongle assez bien entre les airs très bourgeois de son personnage et sa délicatesse.

Enfin, il y a le casting. Le duo Nicole Kidman/Hugh Jackman est intéressant à voir évoluer. Je dois aussi avouer que j’ai trouvé ici Nicole Kidman à son meilleur niveau depuis longtemps. Je l’ai trouvée, comment dire…d’une fraicheur agréable, sans trop de chichis (mais un peu quand même). En face d’elle, Hugh Jackman fait le job selon moi mais peut-être pourra-t-on dire qu’il caricature un peu son personnage : gros dur au cœur tout mou, vous voyez… Mais en tous cas, l’échange constant entre les deux acteurs est plaisant à observer et participe, à mon avis, à l’attachement que l’on pourra avoir pour les deux personnages qu’ils incarnent. On pourra également souligner la prestation de Brandon Walters qui joue de sa jeunesse pour enrichir tout l’aspect innocent mais en même temps fougueux et tendre de son personnage.

Baz Luhrmann réalise donc ici une sorte d’épopée d’abord haletante puis plus douce dans un second temps. L’histoire reste néanmoins prenante et j’ai suivi avec plaisir les différentes péripéties. Quelques défauts mais un film tout ce qu’il y a de plus recommandable tout de même, y compris aux réfractaires des romances comme moi, qui trouveront sans doute de quoi être satisfait dans cet Australia.

Le « Oh, au fait ! » :
Là où le personnage du Drover semble capable de tirer Lady Ashley de tous les mauvais pas, c’est l’inverse qui s’est produit sur le tournage. Nicole Kidman a en effet retiré de la jambe de son partenaire un scorpion réputé extrêmement dangereux. Une piqure aurait très bien pu tuer Hugh Jackman, rien que ça.

Quoi de mieux que des Australiens pour jouer en Australie. Nicole Kidman, Baz Luhrmann, Hugh Jackman et la majorité du casting est de nationalité australienne. Sauf Bruce Spence, qui incarne le docteur Barker, ce dernier étant Néo-Zélandais.

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Une réflexion sur “Australia, Baz Luhrmann, 2008

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