Danse avec les Loups, Kevin Costner, 1991

Danse avec les Loups, western de et avec Kevin Costner. Avec aussi Mary McDonnell, Graham Greene, Rodney A. Grant, Floyd « Red Crow » Westerman…
La note du Koala : 4/5

danse-avec-les-loups-affiche

Le pitch : Alors que la Guerre de Sécession fait rage aux Etats-Unis, le lieutenant John Dunbar (K. Costner) obtient le droit de choisir sa nouvelle affectation après des faits héroïques sur le champ de bataille. Le militaire part alors rejoindre un fort sur la Frontière, espace encore sauvage en attendant que les Américains ne viennent le conquérir. Sur place, Dunbar découvre le fort abandonné mais s’y installe tout de même, avec l’espoir que la relève arrive. Mais ses premiers visiteurs seront les Sioux, avec qui il va tâcher d’établir un contact pacifique.

La critique : Après une petite pause de Noël improvisée, me revoilà ! Enfin bref, passons à la critique du jour.
Qu’il semble loin ce temps où Kevin Costner enchaînait les succès… Sans conteste, Danse avec les Loups constitue le principal vestige de la carrière d’un acteur alors à son apogée.

Ce qui est « amusant » avec Danse avec les Loups, c’est qu’on a toujours tendance à le considérer comme un western alors qu’au fond, il ne ressemble pas tant que ça à ce genre. Que ce soit l’histoire ou la mise en scène, peu e choses contribuent réellement à faire de ce film un véritable western. Alors pourquoi ? Peut-être est-ce pour l’époque à laquelle il se situe, et surtout le lieux de l’action. L’Ouest sauvage est bien là après tout. Les cow-boys et les Indiens, empêtrés dans leurs querelles sont là aussi et participent au décorum qui fait qu’on parle ici de western. Mais en dehors de cela, rien. Pas de gros règlement de comptes, pas de bagarres dans un saloon ou de duel au Soleil dans la rue. C’est intéressant au final car ce film apporte de l’eau au moulin de ceux qui estiment que le genre western est beaucoup trop cantonné dan ces classiques clichés, hérités des films de John Ford ou des westerns spaghettis de Sergio Leone par exemple. Après tout, pourquoi un western ne pourrait-il pas raconter une romance, la rencontre entre eux cultures ou tout autre chose qui sort un peu des bornes profondément enfoncées ? Rien que pour cela, Danse avec les Loups vaut le coup d’œil. Parce qu’il transcende le genre dont on sent pourtant qu’il est effectivement un représentant.

danse-avec-les-loups4

Kevin Costner a plutôt bien recréé l’univers dans lequel se déroule son film.

Mais parlons un peu du film en lui-même. Commençons par exemple par dire que sa mise en scène est exemplaire. Sans véritable lacune, Kevin Costner réalisateur fait du bon boulot. Il laisse aller sa caméra de manière très fluide et très cadrée, sans prendre le risque de se perdre dans des effets de style alambiqués. Si l’on pourra considérer ce manque de prise de risque comme un manque d’originalité et un trop grand respect d’un classicisme cinématographique, on ne pourra cependant pas nier que cela confère au film une ambiance toute particulière, le posant comme une sorte de fresque le long de laquelle le spectateur apprend et découvre en même temps que le personnage qu’il suit. Le scénario quant à lui me semble tout aussi bien travaillé, bien que je trouve que le film souffre de quelques longueurs. Enfin l’expression est mal choisie. Il n’y a pas vraiment, à quelques exceptions près, de scènes qui provoque une trop grande coupure dans le rythme du film, tout comme il n’y a pas vraiment non plus de passages qui ne soit pas intéressant ou sans pertinence par rapport à l’œuvre dans son ensemble. Pour autant, ce film m’apparait comme trop long et il me donne toujours cette impression de s’éterniser à la fin. La faute peut-être à ce trop grand classicisme que j’évoquais un peu plus haut. Malgré cela, l’histoire ici racontée demeure intéressante et on se laisse pendre au jeu de cette quête d’identité dans laquelle se lance le lieutenant Dunbar alors qu’il découvre toujours plus la culture des Sioux. Je reprocherais toutefois à ce film le manichéisme dans lequel il a choisi de verser. Si mes opinions personnelles me poussent à prendre le parti des Indiens dans cette époque charnière de la Conquête de l’Ouest, je considère néanmoins qu’il aurait été judicieux de ne pas faire des Sioux de parfaits gentils et des Blancs de parfaits salauds. C’est pourtant le choix opéré par Kevin Costner. C’est à la fois plus facile et dommage.

danseaveclesloupsf

A la fois acteur et réalisateur, Costner livre un bon boulot sur les deux postes.

En ce qui concerne le casting, je ne trouve pas grand chose à redire. Kevin Costner offre là l’une de ses meilleures interprétations et la chose que l’on puisse déplorer, c’est sa VF, qui manque cruellement de naturel. Jean-Marie Winling coupe finalement tout le pathos que peuvent apporter les réflexions que le personnage de Dunbar porte sur lui, sur son identité et sur ses relations avec les Sioux. On lui préfèrera largement le travail de Bernard Lanneau, VF officielle de Kostner dès Robin des Bois – Prince des Voleurs. En dehors de cela, je ne trouve rien de plus à critiquer. Tout comme je ne trouve rien à reprocher à Mary McDonnell par exemple ou même à Graham Greene. Surtout Graham Greene en fait. L’acteur s’inscrit à mon sens parfaitement dans la logique de son personnage. Sage et réfléchi, Oiseau Bondissant se devait d’être campé par un acteur qui puisse refléter cet état d’esprit, celui d’un chef avisé en quelque sorte (même si ce n’est pas le chef de la tribu). Or, Graham Greene pporte un je-ne-sais-quoi dans son jeu qui participe à cela. Il y a quelque chose d’apaisé et d’apaisant dans sa façon d’incarner cet Indien.

Danse avec les Loups est donc sans conteste une réussite. Un succès qui aurait pu être complet sans les quelques menus défauts que Kevin Costner laisse trainer dans son film. Mais ce n’est pas grave, on le reverra quand même avec plaisir.

Le « Oh au fait ! » :
Danse avec les Loups fut non seulement un succès commercial (424 208 000 $ de recettes au total pour un budget de 19 000 000 $) mais également un succès critique. Il remporta ainsi pas moins de 14 prix : 7 Oscars (dont Meilleur Film et Meilleur Réalisateur), 3 Golden Globes (dont Meilleur Film dramatique et Meilleur Réalisateur), Ours d’Argent à la Berlinale 1991…

Ce film est une adaptation du roman éponyme écrit par Michael Blake et publié en 1988. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, c’est Blake qui a écrit le scénario du film.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s