Phénomène, Jon Turtletaub, 1996

Phénomène, film de science-fiction de Jon Turtletaub. Avec John Travolta, Kyra Sedgwick, Forest Whitaker, Robert Duvall…
La note du Koala : 0,5/5

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Le pitch : George Malley (J. Travolta) est un garagiste qui mène une vie très ordinaire dans une petite ville des Etats-Unis. Mais tout change lorsque, le soir de sa fête d’anniversaire, il voit une lumière dans le ciel et s’évanouit. Lorsqu’il se réveille, il est pris d’une soif insatiable de connaissance et dévore tous les livres qu’il peut trouver tout en élaborant diverses inventions. Autour de lui, la stupéfaction laisse peu à peu place à la méfiance.

La critique : Il y a des soirs où on ne sait pas quoi regarder et où on ferait mieux de lire un bouquin ou de jouer à un jeu, voire même d’aller se coucher. Le soir où j’ai regardé Phénomène en était un. D’ailleurs, je vais faire court pour vous parler de ce film.

Que dire de Phénomène ? Qu’il n’est pas ambitieux ? Encore heureux ! Il n’y a rien de formidable là-dedans. L’idée de départ aurait pourtant pu constituer une belle porte pour une intrigue complexe, fantastique… Même malgré son air de déjà-vu et de réchauffé. Mais non, au lieu de cela, il faut que Jon Turtletaub s’enlise dans un scénario sans aucune conviction, sans aucune originalité et sans aucun intérêt. Il essaie pourtant d’en faire quelque chose d’intéressant, notamment en laissant toujours en suspens cette question : mais qu’est-ce que c’est que ce phénomène qui a sur-développé le QI de ce brave George ? Il ajoute à cela des intrigues secondaires, histoire de diversifier le propos. Mais non, rien n’y fait et tout se limite à un récit de (très) bas niveau dont la qualité reste aux abonnés absents. D’ailleurs, ce phénomène perd peu à peu toute sa dimension de fil conducteur pour laisser les pseudo-intrigues amoureuses prendre le dessus, au grand dam d’un spectateur qui n’en a rien à faire et qui en sera d’autant plus attristé que ces intrigues là sont aussi mal menées que le reste… Rien n’est cohérent car tout semble provenir de pièces rapportées qu’on a grossièrement scotchées ensemble pour faire tenir le tout tant bien que mal. Au final, il n’y a pas à dire : c’est d’un ennui…profond. Et puis il y a la BO. C’est triste à dire mais quand on construit la musique de son film aussi mal, c’est qu’il y a un problème. Mettre des chansons aussi niaises, c’est déjà fort, mais alors les placer dans une logique complètement attendue depuis des kilomètres, c’est presque nous prendre pour des idiots. « Tiens, ils vont s’embrasser, mettons une chanson d’amour bien enrobée de guimauve, ça sera bien ». Non, non, non et non, ça n’est pas bien.

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Que diable Robert Duvall est-il allé faire dans cette galère ?

Et malheureusement, le casting n’est pas là pour rattraper le coup. Loin de là même. « Mais il y a Robert Duvall pourtant », me direz-vous. Oui enfin, Robert Duvall ou pas, on fait tous des erreurs. Participer à ce film en fut une, indéniablement et malgré les talents d’acteur de Monsieur Duvall (qui ne sont pas d’ailleurs mis en exergue ici, hélas !), la participation d’un grand nom comme le sien ne suffit pas. Robert Duvall semble vouloir bien faire mais en même temps complètement détaché. Comme s’il partait du principe qu’il va dire son texte mais c’est bien parce qu’il est payé pour ça. John Travolta quant à lui, on le sait bien, n’a pas fait que des bons choix dans sa carrière. En fait, il en a fait énormément de mauvais. Phénomène s’ajoute à cette (trop) longue liste. Mais l’acteur ne donne pas grand-chose de toute façon, que le film soit bon ou non. Mécanique, il n’apporte aucune fraîcheur à son jeu, aucune originalité et se contente finalement de peu. Forect Whitaker est trop effacé pour qu’on puisse sérieusement parler de lui, aussi je ne reviendrai pas sur sa prestation. Par contre, s’il y a bien une chose qui m’a fait tiquer dans ce film (encore plus que tout le reste je veux dire), c’est le jeu de Kyra Sedgwick. Mais nom de dieu, comment peut-on jouer aussi mal. Crispée du début à la fin du film, elle peine à donner la moindre justesse à son interprétation. La faute à un rôle de femme de base crispée ? Oui, oui, si vous voulez… Mais je n’en démords pas, elle n’affiche ici pas le moindre effort et se contente de jouer sur des mécanismes particulièrement rouillés. Comme Travolta mais en pire. Bien pire. Et je ne vous parle pas des deux jeunes acteurs qui jouent les enfants du personnage interprété par Kyra Sedgwick justement. Ils se font la synthèse de tout ce qui fait que je n’apprécie généralement pas les rôles d’enfants au cinéma.

Bref, Jon Turtletaub réalise ici ce qui semble être le pire film que j’ai pu voir jusqu’à présent. Je ne lui mets pas zéro parce qu’ils ont réussi à le vendre. C’est déjà incroyable.

Le « Oh, au fait ! » :
En 2003, un téléfilm du nom de Phénomène 2 est sorti, dans lequel Christopher Shyer reprend le rôle de George Malley. Il s’agira en fait plus d’un remake que d’une véritable suite.

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