L’Auberge Espagnole, Cédric Klapisch, 2002

L’Auberge Espagnole, comédie dramatique de Cédric Klapisch. Avec Romain Duris, Cécile de France, Kelly Reilly, Audrey Tautou…
La note du Koala : 3,5/5

afficheCe film est suivi par Les Poupées Russes (Cédric Klapisch, 2005).

Le pitch : Dans le cadre de ses études et afin de favoriser son embauche au Ministère des Finances, Xavier (R. Duris) part étudier un an à Barcelone via le programme Erasmus. Là, il s’installe dans une auberge espagnole où se côtoient déjà des étudiants anglais, allemands, espagnols, italiens… Une vie en communauté qui marquera la vie de Xavier.

La critique : Alors que Cass-Tête Chinois est sorti en salles, France 4 a eu l’idée de nous proposer de revoir les deux premiers opus de la trilogie de Cédric Klapisch. Excellente initiative.

Je crois pouvoir dire que L’Auberge Espagnole est entrée dans ma vie au bon moment. Pour tout vous dire, j’ai découvert ce film huit ans après sa sortie, à une époque où je ressentais plus que jamais l’envie d’aller voir ailleurs, de rencontrer d’autres gens, loin de tout ce que je voyais alors. Et L’Auberge Espagnole m’a permis de vivre cette expérience que je n’ai finalement pas vécue en vrai (vous m’suivez ?). Avec ce film, Cédric Klapisch m’a dépaysé, il m’a fait changer d’air et m’a apporté une fraicheur dont j’avais bien besoin. Même en le revoyant aujourd’hui, j’en tire les mêmes conclusions qu’à l’époque. Tout est proche de vous dans cette histoire : les personnages, leurs envies, leurs doutes… Alors on pourra toujours dire que c’est un peu attendu, voire caricatural, mais ça reste tout de même très plaisant. Il faut savoir reconnaître les défauts des choses que l’on apprécie et c’est ce que je vais tâcher de faire tout de suite, histoire qu’on soit débarrassé de ça. En termes de mise en scène, je ne trouve pas trop de choses à redire. Peut-être était-ce un peu convenu. Evidemment, Klapisch s’amuse avec sa caméra et pose des plans originaux et différents mais, la plupart du temps, il reste cantonné dans une mise en scène relativement classique qui rompt un peu avec sa volonté de proposer un film au ton décalé. Allez, il ne manquait pas grand-chose. En ce qui concerne le scénario, on dégagera deux axes. Le premier, sur lequel je reviendrai un peu plus après, est évidemment celui du voyage (initiatique) de Xavier à Barcelone, celui de ses rencontres et de sa vie étudiante barcelonaise. Celui-là, il est vraiment bien. Le second, c’est celui de la liaison entre Xavier et Anne-Sophie et j’avoue qu’il m’a lassé. S’il se construisait comme un petit détail au départ, il prend finalement de plus en plus d’ampleur. Cette sous-histoire n’apporte pas grand-chose à l’ensemble du film et a trop tendance à couper son rythme.

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Quelle joyeuse bande.

Mais comme je le disais, il y a tout ce pan du scénario qui traite de la vie de Xavier à Barcelone, au sein de cette petite communauté étudiante internationale. Je pense que ce que je vais dire à ce sujet est particulièrement subjectif car il résulte, comme je l’évoquais plus haut, du contexte dans lequel j’ai vu ce film pour la première fois (et depuis, j’ai continuellement associé L’Auberge Espagnole à mes envies de voyage). Mais le fait est que j’ai le sentiment quand j’observe tout ce microcosme d’en faire partie. Klapisch invite le spectateur dans cette auberge non seulement en faisant de ses personnages des êtres attachants, relativement semblables aux gens que l’on connaît vraiment, mais aussi en leur faisant vivre des choses très proches de nous, en les faisant réfléchir à des questionnements qui (tout du moins à cet âge) agitent le cervelet de plus ou moins tout le monde. C’est sans doute pour cela que j’ai facilement accroché à cet aspect du scénario. En 2008, j’avais un chouïa moins de l’âge de Xavier dans le film (et maintenant, je suis pile dans cette tranche d’âge) et j’avais déjà à peu près les mêmes questions en tête, les mêmes doutes, et je faisais les mêmes erreurs que lui. C’est en cela que certains verront en Xavier un personnage caricatural, parce qu’il « souffre » des mêmes maux que la plupart des jeunes hommes de 20-25 ans. Mais je trouve au contraire que cela renforce tout l’attachement qu’on peut lui accorder. Sans doute verra-t-on les choses différemment selon la génération dont on est issu.

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Parfois agaçants mais le plus souvent touchants, les personnages campés par Romain Duris et Cécile de France nous parlent forcément.

Du côté du casting, j’avoue que je reste un peu le cul entre deux chaises. D’un côté, je trouve que les acteurs choisis le sont pertinemment. D’un autre, je trouve qu’il y a trop d’imperfections. Enfin des imperfections…disons plutôt que le jeu est parfois inégal, ou trop codé, trop linéaire. Si l’ensemble des acteurs (du moins ceux de premier plan) tâche de donner quelque chose qui soit le plus original ou le plus sympathique possible, ils peinent tout de même parfois à maintenir cette volonté sur toute la longueur du film. Mais on gardera malgré tout en tête une galerie d’acteurs tout à fait respectables. Romain Duris tout d’abord réussit très bien à faire passer le côté un peu coincé-en-recherche-de-changement de Xavier. Il lui donne cet air un peu naïf/niais qui fait son côté comique tout en le travaillant en profondeur. Xavier n’est pas qu’un petit étudiant de 25 ans qui part un an en Espagne et c’est ce qui est intéressant à voir. Romain Duris s’est accaparé Xavier et en a fait SON personnage. On pourra d’ailleurs en dire de même de Cécile de France ou d’Audrey Tautou, qui composent deux filles aux antipodes l’une de l’autre avec brio. Enfin, Kelly Reilly brille ici dans le rôle qui l’a faite connaître chez nous. Je ne donnerai pas plus longuement mon avis sur les acteurs car je crois que je me répèterais trop. Prenez ce que j’ai dit sur Xavier et appliquez-le aux autres, ça fonctionnera assez bien il me semble.

Cédric Klapisch offre donc à travers son Auberge Espagnole une forme de voyage. Xavier change d’air et nous avec lui. On se laisse prendre au jeu des aléas de la vie en communauté qu’il découvre à Barcelone et, malgré les défauts du film, on y prend goût.

Le « Oh, au fait ! » :
Nommé six fois aux Césars 2003 (dont Meilleur Film et Meilleur Réalisateur), le film ne remportera « que » le César du Meilleur Espor féminin, attribué à Cécile de France.

Il s’agit de la quatrième collaboration entre Klapisch et Duris après Le Péril Jeune, Chacun Cherche son Chat et Peut-Etre. Le cinéaste a écrit le rôle de Xavier tout spécialement écrit pour Romain Duris.

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Une réflexion sur “L’Auberge Espagnole, Cédric Klapisch, 2002

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