Les Sentiers de la Perdition, Sam Mendes, 2002

Les Sentiers de la Perdition, film de gangsters de Sam Mendes. Avec Tom Hanks, Paul Newman, Tyler Hoechlin, Daniel Craig…
La note du Koala : 4,5/5

Les-Sentiers-de-la-perditionLe pitch : Au début des années 1930, Mike Sullivan (T. Hanks) travaille comme homme de main pour John Rooney (P. Newman), personnage éminent du syndicat du crime mais aussi père spirituel de Mike. Mais quand le fils de ce dernier, Michael (T. Hoeclin), assiste à un des méfaits de son père, Connor (D. Craig), le fils de Rooney, décide de tuer la famille Sullivan afin que personne ne puisse les dénoncer. Seuls Mike et Mmichael s’en sortent et ils se voient forcés de prendre la route, en attendant leur vengeance.

La critique : Après quelque temps sans y avoir pensé, je me replonge dans Les Sentiers de la Perdition. Toujours pour mon plus grand plaisir. Ce n’est pas pour rien que ce film fait partie de mon Top 10 des films avec Tom Hanks après tout !

En fait, je crois que ce film a tout des plus grands films noirs américains. Ambiance, personnages, scénario… On retrouve des choses relativement clichées mais ça reste formidablement maîtrisé, ce qui explique qu’on passe très facilement outre et qu’on se laisse prendre au jeu. Les Sentiers de la Perdition se veut, il me semble, comme un hommage à ces films noirs justement, où les gangsters règlent leurs comptes entre eux sans que la police ne soit invitée à participer au jeu. Et justement, cette absence complète des forces de l’ordre renforce encore un peu plus l’atmosphère générale du film, qui nous plonge alors dans quelque chose de plus sombre, de plus brutal. Entre mafieux, on ne se fait pas de cadeaux. C’est un sentiment qu’on retrouvera par exemple en regardant Le Parrain, film-roi au sein de ce genre. Tout est ici travaillé afin que l’on se baigne corps et âme dans cette ambiance. Les personnages par exemple, sont idéalement conçus pour répondre à cette volonté. John Rooney (incarné par Paul Newman) correspond finalement à une sorte d’archétype du chef mafieux plus tut jeune mais qui exerce encore son autorité avec une poigne saisissante. Le travail autour des personnages permet de se sentir parfois comme enfermé dans un milieu feutré et obscur, ce qui est à mon sens plus que nécessaire lorsque l’on veut parler d’un monde où le crime et l’économie informelle font la loi. La mise en scène et la photographie renforcent encore ce travail en entraînant le spectateur au cœur des émotions qu’il ressent en regardant le film. La photographie viendra toujours à juste titre renforcer l’angoisse, la sympathie ou la tristesse que l’on ressentira à tel ou tel moment du film.

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Les Sentiers de la Perdition offre quelques pépites visuelles et cette scène en est une.

Après ça, le scénario n’est pas en reste. Je le disais un peu plus haut, ça reste assez classique. On se retrouve dans une sorte de thriller où des mafieux se tirent dans les pattes. Mais l’essentiel est que l’affaire soit rondement menée. Je pardonnerai toujours à un cinéaste son penchant vers des histoires plutôt convenues si la forme est bonne. Comme c’est le cas ici, tout roule à l’idéal. Le scénario tient complètement la route et on n’en démord pas. J’aurais quand même envie de lui reprocher sa façon de traiter le personnage Harlen Maguire (Jude Law). Alors qu’il joue un rôle essentiel dans le déroulement de l’intrigue, je trouve qu’on ne lui accorde qu’assez peu de place. Il intervient peu mais c’est à chaque fois à des moments décisifs. J’aurais aimé dans ce cas qu’il soit un peu plus présent, histoire qu’on le connaisse mieux et qu’il ne soit pas juste celui qui fait que les choses se passent comme elles se passent. Son absence, soit dit en passant, ne m’aurait pas choqué outre mesure.

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La relation difficile qui existe entre Mike et Michael est rendue plus intéressante par leurs acteurs respectifs et leurs échanges.

Mais je crois vraiment que ce qui fait la réussite de ce film, c’est son casting, plus encore que sa mise en scène ou que son scénario. Je passe rapidement sur Jude Law qui, s’il cherche à donner quelques chose de bon et de décalé dans son interprétation (ça colle au personnage quoi), souffre à mon sens de la façon dont ledit personnage est traité dans le film. Trop absent, trop cantonné à un poste de déclencheur, il aurait pu offrir une construction plus élaborée mais reste au second plan. Jude Law tente tant bien que mal de faire quelque chose malgré cela mais ces efforts notables restent malheureusement vains. Tout du moins pour ceux qui ont un personnage de premier plan. Tom Hanks est, une fois n’est pas coutume, excellent (mais je ne suis pas très objectif quand on parle de lui, je l’admets volontiers). Ce qui est le plus plaisant à mon avis, c’est de voir ce qu’il a à offrir dans un rôle plus sombre et plus brutal que les personnages auxquels il nous a habitué. Comprenons-nous bien, en règle générale, Tom Hanks c’est un personnage touchant sinon attendrissant mais toujours sympathique. Ici, dès le début du film, il est difficile de voir en quoi Mike Sullivan est sympathique justement. Et cette impression, Tom Hanks la renforce par une interprétation tout à fait calibrée pour le rôle. Un air autoritaire, des coups d’œil qui veulent tout dire (et surtout de la fermer)… Ça me plaît ! Et puis le duo qu’il forme avec le jeune Tyler Hoechlin n’est pas inintéressant à observer. Le garçon a du répondant et arrive plus ou moins à faire jeu égal avec Hanks tout en conservant ce recul nécessaire pour maintenir ce rapport père-fils compliqué qui guide toute l’évolution des relations entre leurs deux personnages respectifs. Enfin, Paul Newman n’avait rien à se reprocher. Il est là, il cabotine un peu mais il en impose. Un point c’est tout. Un dernier petit mot sur Daniel Craig, que j’ai découvert avec ce film sans savoir qui il était, et qui me semble ici un peu trop…je ne sais pas. J’ai envie de dire dans le sur-jeu mais ce n’est pas totalement ça. Disons que, bien qu’il essaie à plusieurs reprises, il ne casse pas la baraque, ça simplifiera les choses.

En bref, Les Sentiers de la Perdition est un film qui pourrait être critiqué pour son approche un peu trop classique du genre. Son scénario est intéressant à suivre bien qu’assez simple. Néanmoins, l’emballage et le service d’acteurs proposé sont tellement bons qu’on accroche et qu’on en redemande.

Le « Oh, au fait ! » :
Al Capone est régulièrement évoqué dans le film mais n’est jamais présent. Pourtant, c’était prévu, en atteste une scène coupée au montage que l’on retrouve dans les bonus du DVD et où l’on retrouve Anthony LaPaglia (le Jack Malone de FBI – Portés Disparus) dans le rôle du célèbre patron du crime.

Les Sentiers de la Perdition est l’adaptation du roman graphique écrit par Max Allan Collins et publié en 1998 par DC Comics. Editée en trois tomes, la série a été tour à tour dessinée par Richard Piers Rayner (tome 1), José Luis García-López et Steve Lieber (tome 2) et enfin Terry Bbeatty (tome 3). Cette histoire était elle-même inspirée du manga Lone Wolf and Cub, de Kazuo Koike et Goseki Kojima.

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