Un Fauteuil pour Deux, John Landis, 1983

Un Fauteuil pour Deux, comédie de John Landis. Avec Dan Aykroyd, Eddie Murphy, Jamie Lee Curtis, Ralph Bellamy…
La note du Koala : 2/5

Un_fauteuil_pour_deux-20101125054028Le pitch : Louis Winthorpe (D. Aykroyd) est chargé d’investissements chez Duke & Duke, grande banque de Philadelphie. Jeune, riche, arrogant, il a tout pour réussir. Ce n’est pas le cas de Billy Ray Valentine (E. Murphy), SDF qui va jusqu’à faire croire qu’il n’a plus la vue, ni ses jambes depuis la Guerre du Vietnam. Mais lorsque les frères Duke décident de faire un pari insensé, les deux hommes se retrouvent à échanger leurs places malgré eux.

La critique : Auréolé du succès de The Blues Brothers, sorti trois ans plus tôt, John Landis reste fidèle à la comédie en réalisant Un Fauteuil pour Deux, où il retrouve notamment Dan Aykroyd.

Avec cette comédie, John Landis propose une idée de base qui semble à première vue plutôt intéressante bien qu’un peu vue et revue. C’est Le Prince et le Pauvre quoi. Mais bon, on re-contextualise ça dans la glorieuse Amérique ultra-libérale des années 1980 et ça repart.  Néanmoins, ça ne suffit pas. Si Un Fauteuil pour Deux ne semble pas avoir des ambitions énormes, il n’en demeure pas moins qu’il aurait pu faire mieux. Le scénario notamment est très très convenu. En trois temps, il avance mécaniquement, usant de ressorts si classiques qu’ils en sont particulièrement usés et usants. On laisse quand même la chose se faire car il y a des choses qui ne sont pas si mal. Le duo de personnages Winthorpe/Valentine est assez amusant par exemple, tout à fait dans la veine des comédies qu’ont pu inspirer Laurel et Hardy. Mais ils demeurent quand même assez loin de ces illustres modèles. Le problème réside surtout dans le fait que cette histoire s’essouffle bien vite. Une fois que l’on a compris où l’on a mis les pieds, ce qui arrive très rapidement, il n’y a plus guère de surprises à attendre. Bref, c’est assez banal au final.

3903319-5883420Ce qu’il y a de problématique avec cette comédie aussi, c’est son humour. Au début, j’y croyais vraiment, ça me semblait pas trop mal parti. Quelques petites vannes sans trop de prétention qui pouvaient laisser annoncer un ton crescendo, de la caricature à volonté… Et puis voilà, le film s’est enlisé. Au lieu d’apporter l’envolée que j’espérais (envolée contrôlée néanmoins, c’est toujours mieux), John Landis choisit de toujours verser dans le même registre sans essayer de changer la forme par moments. L’humour reste le même d’un bout à l’autre du film. De gentillet à potache voire balourd, il n’y a qu’un pas qui est franchi à plusieurs reprises en l’occurrence. On s’amuse de pas grand chose chez John Landis apparemment. Le tout étant agrémenté d’une mise en scène assez pauvre, tout à fait dans l’esprit des comédies de plus ou moins bonne qualité des années 1980, l’emballage général reste à revoir. C’est mignon mais ça ne vole pas suffisamment haut.

trading-places-1983En ce qui concerne les acteurs, je crois que l’on peut dire que le duo Aykroyd/Murphy fonctionne relativement bien. Indépendamment l’un de l’autre, ils sont dans leur registre dirons-nous. Dan Aykroyd peaufine la caricature qu’est son personnage de Winthorpe tandis qu’Eddie Murphy cabotine tant qu’il peut. Assez amusants, ils offrent un duo comique sympathique mais dont on ne gardera pas nécessairement un souvenir absolument impérissable. Et à leurs côtés, on retrouve Jamie Lee Curtis, pour laquelle j’ai eu de la peine en regardant ce film. Comment peut-on faire d’une actrice un objet pareil ? La pauvre n’est là que pour jouer de ses formes et émoustiller les hommes présents dans le public. C’est assez dégradant je trouve. Fort heureusement, Jamie Lee Curtis est avant tout une actrice et non uniquement une potiche et elle réussit à montrer ce dont elle est capable quand on lui en donne l’occasion. Elle s’en sort au final avec une prestation oubliable mais ce n’est pas de sa faute. Quand elle peut jouer, elle le fait bien. Le souci, c’est qu’on lui demande plus souvent de montrer sa poitrine que de jouer la comédie.

Bref, John Landis réalise ici une comédie passable. Quelques élans sont à noter mais ils finissent toujours par se laisser dépasser par l’ombre constante de la médiocrité. L’ensemble reste sympathique mais franchement pas indélébile.

Le « Oh, au fait ! » :
Tout le monde ne l’aura pas nécessairement reconnu mais le guitariste et chanteur de blues Bo Diddley est présent dans le film. C’est lui qui incarne le prêteur sur gages à qui Winthorpe vend sa montre.

John Landis réutilisera par la suite les personnages des frères Duke. Ce sera dans Un Prince à New-York, en 1988. On les retrouvera alors en clochards auxquels le prince Akeem (incarné par Eddie Murphy justement) donnera de l’argent.

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