The Green Hornet, Michel Gondry, 2011

The Green Hornet, film de super-héros de Michel Gondry. Avec Seth Rogen, Jay Chou, Cameron Diaz, Christoph Waltz…
La note du Koala : 1/5

The-Green-Hornet-film-affiche-France-01Le pitch : Britt Reid (S. Rogen) est le fils fêtard, immature et insouciant de James Reid (T. Wilkinson), patron du Daily Sentinel. A la mort de son père, Britt se retrouve à la tête de cet empire et découvre les talents de Kato (J. Chou), expert en arts martiaux et bricoleur/inventeur. Ensemble, ils décident de combattre le crime que James Reid dénonçait dans son journal en devenant un duo de héros masqués. Mais ils vont se heurter à Chudnovski (C. Waltz), membre influent de la pègre qui veut contrôler l’ensemble des gangs de la ville.

La critique : Pas vraiment un film de super-héros comme les autres, The Green Hornet jongle entre le film d’action et la comédie pour tenter de donner un divertissement sympa. J’ai du mal à comprendre comment le mec derrière Eternal Sunshine of the Spotless Mind a pu pondre un truc pareil.

Pourtant, il y avait de quoi faire un truc cool. Cette histoire de « fils à papa » qui veut devenir un super-héros pour assouvir son ego et qui va être accompagné dans son délire par un Chinois digne de Géo Trouvetou pouvait constituer un bon point de départ pour un délire sympa. La rencontre avec le méchant Chudnovski aurait alors pu faire office de contraste entre le délire égocentrique du Frelon Vert et la réalité des choses dans la ville qu’il s’est mis en tête de défendre. Quiproquos, situations cocasses, dialogues affinés auraient alors pu être de la partie pour offrir une comédie d’action drôle et enjouée. Au lieu de cela, Michel Gondry s’essaie à l’art de la caricature et grossit les traits de tout ce qui peut faire un film de super-héros. Jusque là, rien de mal, c’est l’objectif d’une caricature que de mettre en exergue certains détails pour les rendre risibles. Mais là, c’est mal fait voilà tout. Tout est tellement exagéré qu’il devient difficile d’envisager ce film comme une caricature agréable et on le retiendra surtout comme un comédie balourde et redondante. L’humour n’est pas au mieux de sa forme dans cette farce grotesque malgré quelques saillies amusantes parfois. Michel Gondry tourne en ridicule tout ce qu’il pointe du doigt mais il le fait sans tact. Il n’assaisonne à aucun moment sa déformation des caractéristiques du genre avec des ingrédients qui seraient les siens, se contentant alors de faire malgré lui un film de super-héros raté au lieu d’une comédie.

The-Green-Hornet-le-film-seth-rogen-michel-gondryIl faut bien dire aussi que le scénario n’est pas là pour arranger les choses. Ecrit par Seth Rogen et Evan Goldberg, il est à l’image du film dans son ensemble. Il reprend quelques codes du genre et essaie de les redessiner de façon à les rendre humoristiques. Finalement, il n’arrive qu’à renforcer le côté potache de ce film qui, définitivement, n’arrive pas à être à la hauteur de ses ambitions. Pourtant, cette histoire aurait pu être sympa, pour les raisons que j’évoquais plus haut. Au lieu de ça, on se retrouve avec un scénario attendu, des rebondissements qu’on voit venir dix minutes avant… Et ce n’est pas la paresseuse mise en scène qui va réhausser le niveau. Michel Gondry, on le sait, est tout à fait capable de donner une esthétique à ses films qui les rend uniques. Il essaie ici d’ailleurs en conférant à ses scènes de combat une allure qui leur est propre. Mais ça se limite à cela et rien ne devient réellement inoubliable dans ce film.

the-green-hornet-the-green-hornet-12-01-2011-17-12-2010-6-gEnfin, le casting n’est pas glorieux. Commençons pas le duo de tête. Seth Rogen d’abord est complètement inattendu dans ce rôle. Mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose, il aurait très bien pu faire quelque chose d’original. Au lieu de cela, il se cantonne à une interprétation vue et revue, classique des acteurs comiques américains comme Owen Wilson ou Ben Stiller. Il en rajoute, quitte à en faire des tonnes, et ôte à son Frelon Vert toute possiblité d’être crédible une seule seconde. Jay Chou quant à lui n’est pas vraiment mieux. Il joue les sidekicks en mal de reconnaissance et calibre son jeu en fonction de ce paramètre de départ. Dès lors, on le sent effacé tout en donnant l’impression qu’il veut faire plus. Cela finit en un yoyo qui va du « je me lance » au « je me calme » sans arrêt. Tant et si bien qu’on ne se souvient pas trop de ce qu’a fait Jay Chou dans ce film. Alors il y a bien Christoph Waltz… Mais mettre un acteur de sa trempe dans un film ne garantit pas forcément la qualité de ce dernier. D’ailleurs, Waltz n’apparaît pas ici au top. En-deça des prestations qui l’ont rendu célèbre (Inglourious Basterds, Django Unchained…), il donne clairement l’impression de ne pas être à l’aise dans cet univers et dans cette comédie en particulier. On sent l’effort qu’il fait mais tout ceci se retrouve anéanti par la médiocrité générale. Quant à Cameron Diaz, le mot « potiche » semble avoir été inventé pour elle tant elle ne sert à rien ici. Ce n’est même pas qu’elle joue franchement mal (un peu quand même) mais elle comble seulement un trou dans la palette de personnages, ni plus, ni moins.

The Green Hornet ets donc tout à fait dispensable, même pour ceux qui veulent s’intéresser à la filmographie de Michel Gondry. Caricatural à outrance, on en oublie qu’il est un pastiche. Du coup, on ne peut le voir que comme un raté.

Le « Oh, au fait ! » :
Le film devait à l’origine être réalisé par Stephen Chow, qui aurait également incarné le personnage de Kato. En raison de conflits artistiques, il laisse sa place de réalisateur à Michel Gondry tandis que Columbia affirme qu’il jouera tout de même Kato. Mais son emploi du temps l’obligea finalement à laisser le rôle à Jay Chou.

Nicolas Cage devait quant à lui incarner le méchant d’origine, un certain Monsieur X. Mais ses caprices eurent raison de sa participation au film. Le méchant, auquel il voulait à tous prix coller un accent jamaïquain, devint Chudnovski et le rôle revint à Christoph Waltz.

Un clin d’oeil à Bruce Lee s’est glissé dans le film. Lorsque le personnage de Britt feuillette le carnet à dessins de Kato, on y aperçoit des dessins représentant le fameux acteur. Ce dernier incarnait en effet Kato dans la série télé des années 1960, rôle qu’il reprit même pour trois épisodes de la série Batman.

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