Edward aux Mains d’Argent, Tim Burton, 1991

Edward aux Mains d’Argent, comédie dramatique de Tim Burton. Avec Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest, Anthony Michael Hall…
La note du Koala : 5/5

9-edward-aux-mains-d-argent-edward-scissorhands-10-04-1991-1-gLe pitch : Dans une petite ville des Etats-Unis, Peg Boggs (D. Wiest) est représentante en cosmétiques et rencontre par hasard Edward (J. Depp), jeune homme vivant reclus dans un vieux manoir abandonné et qui a la particularité d’avoir d’immenses ciseaux à la place des mains. Peg décide de recueillir Edward qui va alors découvrir un monde bien étrange : le nôtre.

La critique : J’irai droit au but : Edward aux Mains d’Argent est certainement l’une des œuvres les plus abouties de Tim Burton. La question est : pourquoi ?

Qu’il semble loin le temps où Burton nous livrait régulièrement des films de ce calibre. Pas qu’il soit devenue mauvais avec le temps mais il semble avoir perdu la flamme gothique qui l’animait. Edward aux Mains d’Argent constitue une sorte d’archétype de cet état d’esprit dans lequel le cinéaste cherche à nous emmener, celui où l’on perçoit la différence, la solitude, la naïveté. Tous ces ingrédients sont ici réunis en un seul personnage, Edward, dont la candeur et le caractère ingénu sont là pour nous le rappeler. En fait, avant d’être l’histoire d’un type avec des ciseaux en guise de main qui se retrouve dans un monde qu’il ignore, ce film est l’histoire d’un homme qui ne comprend pas le monde qui l’entoure. Burton évoque son propre mal-être, sa propre mélancolie à travers Edward et pose finalement la question du formatage de la société, de son exubérance aussi, de la difficulté d’être autre dans un monde trop calibré… Cette petite ville est la synthèse de tous ces éléments avec ses couleurs flashy, ses pavillons copiés-collés, ses horaires fixes (la scène où les maris rentrent tous à la même heure), ses rumeurs et autres commères… A partir de là, le réalisateur joue sur la corde sensible afin de nous faire toucher du doigt ces questionnements. Mais son talent lui permet d’éviter de tomber dans le mélodrame à la guimauve.

670_3Car s’il est toujours émouvant, Edward aux Mains d’Argent joue sur les émotions justement. Il mêle habilement rires et tristesse afin de donner une comédie dramatique riche mais jamais étouffante. Tim Burton a aussi le sens de la mise en scène et cela se voit clairement ici. La photographie notamment est là pour construire l’esthétique burtonienne de ce film. Entre plans larges et insistance sur les visages et les regards, Burton va et vient du grand au petit pour rajouter à cette sensation que semble vivre Edward et qui est de se sentir comme rien dans un monde finalement trop grand pour ce petit ego naïf et innocent. La construction du personnage s’en trouve alors transcendée par une mise en scène qui s’identifie à ce dernier. Et qui fait également que l’on s’identifie soi-même au personnage. Mais de toute façon, on ne peut que se sentir touché par ce personnage et par la manière dont il devient une attraction, une bête ou une chose qu’on vient regarder plus qu’on ne vient le voir.

johnny-depp-dans-edward-aux-mains-d-argent-3615833jswjj_1713Si Edward est si touchant, c’est non seulement parce que l’écriture du personnage par Tim Burton est impeccable mais aussi parce qu’il est formidablement interprété par un Johnny Depp qui continuait alors sa fulgurante ascension. Depp joue ici avec son aspect encore relativement juvénile pour faire d’Edward ce qu’il semble être : une enfant qui découvre le monde avec ses bons et ses mauvais côtés. Johnny Depp donne à Edward les émotions, l’expression et le regard d’un enfant, contribuant alors grandement à en faire un ingénu candide. A ses côtés, on retrouve Winona Ryder, qui accompagne plutôt bien Johnny Depp et offre une interprétation somme toute très correcte.

Tim Burton offrait donc avec Edward aux Mains d’Argent celle qui me semble être son œuvre la plus personnelle, la plus imprégnée de ses thèmes et des tourments qu’il cherche toujours à mettre en scène.

Le « Oh, au fait ! » :
Il s’agit ici de la toute première collaboration entre Johnny Depp et Tim Burton. Les deux hommes affichent aujourd’hui un total de huit films en commun.

Le rôle d’Edward a suscité des convoitises. William Hurt et Robert Downey Jr. firent à l’époque part de leur intérêt pour le rôle. Tom Hanks fut également approché pour incarner l’homme aux mains-ciseaux.

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