Gravity, Alfonso Cuarón, 2013

Gravity, film de science-fiction d’Alfonso Cuarón. Avec Sandra Bullock, George Clooney, Phaldut Sharma, Ed Harris…
La note du Koala : 4,5/5

GRAVITY-Affiche-USLe pitch : Le docteur Ryan Stone (S. Bullock) fait sa toute première sortie dans l’espace dans le cadre de la mission STS-157 dont l’objectif est de travailler sur le télescope Hubble. Elle est accompagnée du commandant de mission Matt Kowalski (G. Clooney) et de Shariff (P. Sharma). La mission tourne à la catastrophe lorsqu’un tir de missile endommage un satellite dont les débris se dirigent à toute vitesse vers l’emplacement du télescope.

La critique : Avant que j’aille voir ce film, on m’en avait parlé comme du « nouveau 2001 » , d’une « renaissance de la science-fiction » ou même de « la claque visuelle de l’année, voire de ce début de XXIème siècle ». J’arrive donc au cinéma avec des espérances énormes.

GRAVITYN’osant pas aller trop loin dans mon jugement, je vous dirai qu’il y a au moins une des affirmations ci-dessus qui est vraie. Gravity m’a scotché par son incroyable sens esthétique qui fait qu’on ne peut pas ne pas saluer le travail du réalisateur mais aussi celui du directeur de la photographie, Emmanuel Lubezki, fidèle d’Alfonso Cuarón. Gravity est somptueux en tous points, une sorte d’excellence graphique qui laisse sur place la plupart des prouesses déjà réalisées ces dix dernières années. J’avoue avoir du mal à formaliser ma pensée à ce sujet tant le résultat m’a abasourdi. Il y a déjà cette capacité à créer un espace plus vrai que nature. Je n’ai jamais eu une telle impression en regardant un film qui se déroule dans l’espace. Et puis, Cuaron calibre sa mise en scène de telle manière que la désorientation dont on peut supposer que le docteur Stone subit lors de cette mission nous touche aussi, contribuant ainsi à nous perdre également au milieu du vide. Bref, ils sont dans l’espace et nous aussi finalement. Non, définitivement, d’un point de vue esthétique, Gravity est absolument parfait. L’alternance pas trop fréquente entre vue à la troisième personne puis vue subjective est également une bonne trouvaille qui contribue à cet effet d’immersion. Ce qui est très intéressant aussi, c’est la référence assumée à 2001 – L’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. Par exemple, lorsque le docteur Stone réussit à entrer dans la station spatiale, il y a cette image d’elle en position fœtale qui renvoie immédiatement à la figure du bébé que l’on trouve dans le film de Kubrick. D’autres éléments viendront compléter la référence. En gros, si on ne devait noter ce film que sur les points que je viens d’évoquer, on lui mettrai un bon 5/5. Voir même un 6 ou un 7/5. Facile…

gravity-movie-reviewMais un film, ce n’est pas que de l’esthétique (ça serait trop facile pour le coup) et il faut aussi jeter un œil du côté du scénario. A moins que la beauté ne se suffise à elle-même (vous avez quatre heures…). En soi, le pitch de départ de Gravity n’a pas grand chose d’exceptionnel : une mission qui tourne mal, la nécessité de rentrer sur Terre, des choix drastiques à faire, des ressources qui s’amenuisent… Tout ça, on connait. Mais c’est sans compter sur la forcé dégagée par le scénario d’Alfonso Cuarón, Jonás Cuarón et Rodrigo García. Bon, autant le dire tout de suite, il y  des trucs un peu osés parfois, ou plutôt qui tombent quasiment dans une certaine facilité. Des ressorts un peu usés qui font leur effet mais qui se font quand même remarquer. Le personnage du docteur Stone n’a vraiment, mais alors vraiment pas de chance. C’en est affolant. Mais je passe outre. Pourquoi ? Mais parce que ce film est calibré de A à Z de façon à ne pas vous laisser vous appesantir sur les petits défauts qui le ponctuent par instants. J’avoue néanmoins qu’à un moment, j’ai eu peur. Pas parce que ce film fait peur (bien qu’il soit redoutablement anxiogène) mais parce que j’ai cru à un élément de scénario basique qui se serait révélé décevant si les trois auteurs n’étaient pas plus malin que la moyenne. Ce que je veux dire, c’est qu’ils peuvent vous emmener dans un sens pour finalement prendre un virage à 90° idéalement négocié ! Le rythme est aussi très bien posé, laissant les différents événements et rebondissements aller et venir sans laisser le moindre temps mort. Il convient aussi de noter toute l’importance accordée par le trio de scénariste à une symbolique omniprésente et toujours bien trouvée. La fin est à ce titre extrêmement satisfaisante et me reste en mémoire depuis hier. Je n’irai pas jusqu’à dire que cela relève du génie car il faut toute raison garder mais tout de même, c’est un boulot exceptionnel.

video-undefined-1BA51708000005DC-288_636x358Enfin, il faut parler du casting. Un casting qui me laissait un peu plus…méfiant dirons-nous, bien que le terme soit un peu fort. George Clooney est un acteur que j’apprécie mais dont je reconnais qu’il varie trop peu son jeu. Quant à Sandra Bullock, c’était pour moi surtout une actrice de comédies romantiques de plus ou moins bonne qualité. Et puis voilà, il y ce film qui fait tout changer. Ou presque parce que je garde le même avis concernant George Clooney. Il arrive à imposer son charisme mais ses mécaniques de jeu restent les mêmes et sont parfois inappropriées compte tenu des circonstances dans lesquelles évolue son personnage et ses acolytes. Mais ce n’est jamais agaçant pour autant. Mais la révélation (en ce qui me concerne) touche Sandra Bullock en priorité. L’actrice me prouve enfin ce dont elle est capable ! Je suis ébahi par le jeu qu’elle a développé ici, réussissant tout simplement à porter le film sur ses épaules. Littéralement, je suis séduit par ce qu’elle a pu me donner ici tant en termes d’émotions que de qualité d’interprétation. Je m’arrête là parce que je commence à être à court de mots pour parler de cette claque que j’ai reçue. Ou plutôt CES claques. Une par Cuarón en raison de la qualité de son œuvre, une autre par Sandra Bullock pour ne comprendre que maintenant quelle actrice de talent elle est. Et une dernière par Emmanuel Lubezki pour les étoiles qu’il m’a mis dans les yeux (c’est bien trouvé ça, tiens).

Bref, Gravity est très officiellement mon coup de cœur de l’année. Je vois mal comment un des films prévus pour la fin 2013 pourrait faire mieux que ce dernier. Je me tâte énormément à retourner le voir au cinéma, ce qui n’est pas courant.

Le « Oh, au fait ! » :
Dès le départ AlfonsoCuarón souhaitait que son film soit interprété par de grands noms. Ainsi, depuis 2010, les noms d’Angelina Jolie, de Scarlette Johansson, de Blake Lively et de Natalie Portman ont circulé pour incarner le docteur Stone. Quant à Matt Kowalski, il a failli être incarné par Robert Downey Jr., qui ne fut finalement pas retenu pour des raisons artistiques. L’interprète d’Iron Man a en effet tendance à occuper tout l’espace lorsqu’il joue et cela ne convenait évidemment pas avec ce que Gravity doit proposer.

Publicités

11 réflexions sur “Gravity, Alfonso Cuarón, 2013

  1. Bon, j’avais fait un super commentaire mais j’ai fait « ctrl+w » sans faire exprès et j’ai constaté à mes dépens que ça fermait une fenêtre, donc je l’ai dans l’os, et ça me gave énormément, mais bref, tout ça pour dire qu’une fois n’est pas coutume avec les critiques que je lis, je suis tout à fait d’accord avec la tienne, pour les qualités aussi bien que pour les défauts du film, et purée l’informatique c’est vraiment extrêmement chiant parce que j’ai perdu tout mon truc, mais le film était bien donc voilà, je vais terminer ma phrase à présent mais purée quand même sale $+=£@§ d’informatique de #$¨¨ùµ !

    • Ha ha, tu découvres les joies du ctrl+w ! Depuis que ça m’est arrivé sans prévenir, je fais attention quand je rédige mes articles à ne pas aller trop vite.

      En tous cas je suis content de voir que nous sommes du même avis et que tu as donc visiblement passé un bon moment devant « Gravity ». 🙂

      Oh et ton premier commentaire, il était aussi en une seule phrase ?

      • Quand je dis que « j’avais fait un super commentaire », tu penses bien que ce n’était pas qu’une seule phrase mais un mini pavé des familles ! 😦

      • Je n’en doute pas. Je regrette le coup du ctrl+w parce que j’aurais vraiment voulu voir ce que donnait ce commentaire. Surtout qu’il abondait dans mon sens alors ça flatte le peu d’ego que j’ai ! 😀

  2. Pingback: Le récap de la semaine (02/12/2013 – 07/12/2013) | Tranches de Ciné

  3. Pingback: Golden Blobes 2014 : les nominations | Tranches de Ciné

  4. Pingback: Oscars 2014 : les nominations | Tranches de Ciné

  5. Pingback: Le récap de la semaine (13/01/2014 – 18/01/2014) | Tranches de Ciné

  6. Pingback: Le récap de la semaine (27/01/2014 – 01/02/2014) | Tranches de Ciné

  7. Pingback: Oscars 2014 : le palmarès | Tranches de Ciné

  8. Pingback: Seul sur Mars, Ridley Scott, 2015 | Dans mon Eucalyptus perché

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s