Dragon Rouge, Brett Ratner, 2002

Dragon Rouge, thriller de Brett Ratner. Avec Edward Norton, Anthony Hopkins, Ralph Fiennes, Harvey Keitel…
La note du Koala : 4/5

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Ce film est à voir comme la suite de Hannibal Lecter – Les Origines du Mal (Peter Webber, 2007).
Il est également à voir comme l’épisode précédent Le Silence des Agneaux (Jonathan Demme, 1991).

Le pitch : Will Graham (E. Norton) est profiler au FBI. Connu pour avoir arrêté Hannibal Lecter (A. Hopkins), dit « le cannibale », il s’est retiré afin de récupérer des séquelles tant physiques que psychiques qu’aura laissé cette enquête. Mais il doit bientôt reprendre du service pour enquêter sur un tueur sanguinaire surnommé « la petite souris » et qui a déjà massacré deux familles. Un enquête qui amènera Will a demander l’aide de Lecter.

La critique : Nouvelle adaptation du roman éponyme de Thomas Harris après Manhunter – Le Sixième Sens (Michael Mann, 1986), Dragon Rouge faisait partie des deux seuls films tirés de l’œuvre du romancier que je n’avais pas encire vus (le second étant Hannibal Lecter – Les Origines du Mal). Ce que l’on peut dire en tous cas, c’est qu’il s’inscrit dans la parfaite lignée de ce que l’on appelle parfois la tétralogie Hannibal.

large_364210Ebahi par Le Silence des Agneaux, un peu moins par Hannibal (mais séduit tout de même), j’avais placé la barre relativement haut en termes d’espérances concernant l’apport de Brett Ratner à la saga cannibale. Finalement, le réalisateur livre un film qui remplit le contrat, qui n’égale pas le monument de Jonathan Demme mais qui reste d’un niveau correct, à l’instar d’Hannibal. N’ayant pas lu le roman d’origine, je ne peux pas apporter de critiques concernant le caractère d’adaptation. En revanche je peux dire que, comparé à Manhunter, Dragon Rouge fait au moins aussi bien. Là où il le surpasse, c’est certainement dans le casting (et encore). Côté scénario, on se retrouve évidemment avec la même trame principale, à quelques exceptions près (début et fin notamment). La même qualité aussi car le travail mené ici par Brett Ratner n’a pas à rougir de sa comparaison avec celui de Michael Mann en son temps. L’histoire se déroule convenablement, au rythme en quelque sorte « classique » de la série. La tension est toujours là, s’affirmant avec bien plus de force par instants (ceux où le cru l’emporte sur le suggéré). En fait, c’est ce qui me fait penser que Dragon Rouge, comme ses illustres prédécesseurs, n’est pas tant un film d’horreur ou d’épouvante qu’un film d’angoisse. Car c’est bien cela qui créé de la peur, plus encore que les corps mutilés ou les langues arrachées. Ce qui fait que l’on a peur, c’est que l’on ne sait pas si le docteur Lecter ne va pas nous sauter à la gorge ou si « la petite souris » ne va pas venir massacrer une autre famille, comme ça, sans crier gare. Mis à part quelques passages plus costauds que les autres, la violence n’est pas si puissante que cela. Ce n’est peut-être pas plus mal. Après tout, les méchants imaginés par Thomas Harris ne sont pas que des monstres. Ils ont tout un pan psychologique à explorer et cela, Brett Ratner l’a bien compris, à l’image de Michael Mann ou de Jonathan Demme. Sur ce plan-là, le film ne souffre d’aucun défaut. Le seul véritable reproche que je lui ferais, c’est d’en faire trop par moments. Trop théâtral parfois, trop long à d’autres instants, Dragon Rouge faiblit lors de certains passages. Mais il ne sombre jamais.

large_364203Mais une fois de plus, ce qui contribue énormément à la force du film, c’est son casting. Et on ne peut pas oublier de parler d’Anthony Hopkins, le même qui a fait que le personnage d’Hannibal Lecter est d’office dans mon Top 5 des meilleurs méchants du cinéma. Il est tellement bon dans ce rôle ! C’est incroyable à quel point il réussit à incarner ce qu’on avait tous pu imaginer en lisant Le Silence des Agneaux. Hannibal n’a jamais été autrement. Ou du moins, il ne peut plus l’être. A moins que Mads Mikkelsen me fasse mentir. Mais le fait est qu’Anthony Hopkins restera LE grand interprète du docteur cannibale. Il lui donne sa classe et cela joue énormément dans la construction du personnage, dont on ne peut nier que c’est un homme aussi raffiné que cruel. A ses côtés, on retrouve Edward Norton, qui vient camper le rôle de Will Graham, tenu par William Petersen (Les Experts) chez Michael Mann. Norton est un acteur que j’apprécie assez même si je n’en suis pas fan et ici, il offre une interprétation qui colle à l’image que je m’en suis désormais fait : un acteur sans doute talentueux (Fight Club suffirait à argumenter dans ce sens) mais qui se laisse parfois aller à une certaine facilité qui rompt la qualité de son jeu. S’il semble saisir toute l’ampleur de son personnage, il ne me donne pourtant pas l’impression d’aller jusqu’au bout de ce qu’il peut en faire. Et enfin, comment ne pas saluer la prestation d’un Ralph Fiennes qui ne m’avait pas autant impressionné depuis La Liste de Schindler ? Il est ici au top. Le personnage de Francis Dolarhyde est tout en ambiguïté : triste, cruel, froid, timide, malade… On peut lui coller pas mal d’adjectifs mais il faut aussi pouvoir jongler avec tous. Et ça, Ralph Fiennes semble y arriver avec une aisance déconcertante. Il donne l’impression d’avoir tout compris de ce personnage, d’avoir saisi ce qui se passe dans sa tête et il arrive à partir de là à surfer sur les émotions et sur ladite ambiguïté. Parfait.

Brett Ratner a donc fait le job avec cette deuxième adaptation du Dragon Rouge de Thomas Harris. Dans une mise en scène globalement correcte, il fait évoluer sa galerie de personnages avec une finesse certaine. Si le film restera dans l’ombre du Silence des Agneaux, il réussit au moins à faire oublier que Brett Ratner a aussi réalisé X-Men – L’Affrontement Final

Le « Oh, au fait ! » :
L’acteur Frankie Faison apparaît de nouveau avec Dragon Rouge dans un film tiré de l’œuvre de Thomas Harris. S’il campe ici le personnage de Barney, un infirmier qu’il incarnait déjà dans Le Silence des Agneaux et dans Hannibal, il figurait également au casting de Manhunter en 1986. Il y jouait le rôle d’un policier.

Anthony Hopkins n’était pas vraiment partant pour jouer une troisième fois le personnage d’Hannibal Lecter. C’est en apprenant que Ted Tally était le scénariste de Dragon Rouge qu’il a finalement accepté. Pour info, Ted Tally fut également le scénariste du Silence des Agneaux. Ceci explique cela.

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