Sixième Sens, M. Night Shyamalan, 1999

Sixième Sens, thriller de M. Night Shyamalan. Avec Bruce Willis, Haley Joel Osment, Toni Collette, Olivia Williams…
La note du Koala : 3,5/5

affiche-sixieme-sensLe pitch : Malcolm Crowe (B. Willis) est psychologue pour enfants. Un soir, un de ses anciens patients lui tire dessus dans sa maison pour se venger de n’avoir rien fait pour lui. Quelques mois plus tard, Malcolm prend en charge le cas de Cole Sear (H.J. Osment), un jeune garçon présentant d’étranges troubles qui découlent d’un terrible secret qu’il ne peut pas avouer.

La critique : Sixième Sens fait partie de ces films « impitchables » si l’on tient à ne pas trop en dévoiler en quelques lignes. Il fait aussi partie de ces films que j’ai dû voir plusieurs fois afin d’être le plus objectif possible.

Pourquoi tant vouloir à être objectif d’ailleurs ? La raison est simple : je me suis gâché le film la première fois que je l’ai vu. Comment ? J’ai tout compris immédiatement. L’introduction passée, ce qui s’avère être le twist final me semblait évident et il m’a été confirmé par cette fameuse phrase que sort le personnage de Cole lorsqu’il est à l’hôpital. Avouons-le, deviner la fin du film alors que 10 ou 15 minutes sont passées, c’est rageant. Tellement que tout m’a déplu dans ce film la première fois où je l’ai vu : la mise en scène, l’évidence qui s’en dégageait. Autant dire que je n’étais pas franchement objectif. Pas du tout même. Mais j’ai pris sur moi et je me suis refait Sixième Sens une fois, puis deux. Et si aujourd’hui, la découverte du twist au début du film me semble toujours aussi évidente, je dois pourtant reconnaître que M. Night Shyamalan a fait le job pour ce qui est d’éviter cette déconvenue justement. On va mettre ça sur le compte d’un cerveau qui, pour une fois, a été assez malin pour tout comprendre dès le départ (oui car je suis de ceux qui se laissent facilement prendre au piège des réalisateurs ingénieux). Mais, objectivement, qu’est-ce qui pouvait laisser entrevoir cela dès le départ ? Il suffit d’observer comment les personnages interagissent pour tomber dans le panneau et se dire qu’au fond, tout est normal (en dehors des troubles du gamin, ça va de soi). Malcolm est en froid avec sa femme, il termine un rendez-vous avec la mère de Cole, il poursuit ses séances avec ce dernier… La mise en scène est millimétrée, pensée pour créer cette illusion que le réalisateur cherche à entretenir tout au long de son film. Et puisque l’on parle de la mise en scène, soulignons toute l’esthétique de M. Night Shyamalan développe et construit dans son Sixième Sens. Horrifique dans l’esprit, il joue sur les ombres et les lumières pour introduire et intensifier cette atmosphère pesante qui contribue grandement à l’ambiance générale du film qui, une fois détaché de ses histoires de fantômes, devient relativement anxiogène rien que par les images.

Sans titreLe scénario en lui-même est un peu classique je trouve mais il demeure efficace et on se laisse prendre au jeu des mystères et de l’étrange. Mais encore une fois, je reste convaincu que c’est surtout grâce à la mise en scène. Si l’on enlève ce point, on se retrouve avec l’histoire d’un psy qui cherche à aider un gamin qui a des problèmes surnaturels. Aussi extraordinaire que cela puisse l’être, il n’en demeure pas moins qu’on a fait plus original. Et pourtant, on accroche. Sans doute est-ce parce que l’on s’attache aux personnages, que l’on veut savoir. Car M. Night Shyamalan ne vous laisse pas là en simple spectateur. Vous êtes comme les personnages : vous voulez comprendre, vous voulez savoir de quoi il en retourne. Si ce n’est pas le cas, alors il y a peu de chance que le film vous ait plu. Le cinéaste vous entraîne dans son univers.

Sans titreMais on n’oubliera pas de parler du casting car c’est aussi par lui que passe la réussite du film. On ne créé pas d’ambiance sans y associer les personnages qui y contribuent. Et pour que ces personnages fonctionnent, il faut que leurs interprètes soient au top. Je crois que c’est le cas ici, vraiment. Bruce Willis ne m’a jamais semblé aussi bon que dans Sixième Sens. Si on sent parfois qu’il cherche trop à jouer sur la sensibilité (ou plutôt la fragilité) de son personnage, il n’en demeure pas moins qu’il le rend très humain, très proche de nous. Quant à Haley Joel Osment, il surprend par la qualité de son jeu qui fait passer Cole du statut de gamin à problèmes à celui de gamin saisissant. Le jeu du jeune acteur l’est tout autant. Au-delà des individualités, il faut souligner le fait que le duo Willis-Osment fonctionne, ce qui était nécessaire puisque l’interaction entre leurs personnages respectifs constitue un rouage essentiel non seulement de la qualité du film mais également de l’histoire qu’il raconte. On ne pouvait pas se permettre d’offrir un échange qui n’aurait pas été construit correctement.

M. Night Shyamalan signe donc ici une œuvre d’une qualité certaine, peut-être la plus aboutie de sa filmographie. Je ne saurais malheureusement pas être au maximum de mon objectivité étant donné les circonstances de mes déductions hâtives mais on ne peut nier les qualités dont fait preuve ce film.

Le « Oh, au fait ! » :
Comme souvent, M. Night Shyamalan apparaît dans son propre film. Ici, il incarne le médecin qui parle à la mère de Cole lorsque celui-ci est à l’hôpital.

Pour un budget de 40 millions de dollars, Sixième Sens a finalement rapporté plus de 672 millions de dollars, ce qui fait de ce film le plus gros succès de M. Night Shyamalan mais aussi de Bruce Willis.

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Une réflexion sur “Sixième Sens, M. Night Shyamalan, 1999

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