Mon classement des films de Quentin Tarantino

[J’avais d’abord publié ce classement sur Sens Critique mais je pense qu’il a toute sa place ici.]

Le_Top_des_films_de_Quentin_TarantinoQuentin Tarantino est sans doute l’un des réalisateurs actuels qui m’a le plus marqué. Son cinéma référencé est emprunt d’une certaine esthétique (d’une esthétique certaine même) qui le rend unique. Mais il n’y a pas que ça. Non, il y a aussi les thèmes qu’il aborde, sa violence… QT comme on l’appelle souvent aime traîner dans des univers différents mais y apporte toujours un fond ou une forme qui fait qu’on ne peut pas hésiter quant à l’identité du réalisateur. L’avantage, c’est que si l’on aime un de ses films, on regardera tous les autres. Car un Tarantino qu’on n’a pas encore vu, c’est comme un gros cadeau qu’on trouve sous le sapin de Noël.

N°8 : Jackie Brown, 1998

jackie-brown-1-1024Je sais que ceci a tendance à surprendre mes amis cinéphiles : non, le Tarantino que j’aime le moins n’est pas Boulevard de la Mort. C’est bien Jackie Brown, cette histoire de trafiquants d’armes et d’une hôtesse de l’air qui fait passer l’argent, qui m’a le moins séduit dans la filmographie du réalisateur. Je ne conteste pas les indéniables qualités du film (références à la blaxploitation, mise en scène léchée…) mais j’ai toujours du mal à tenir le coup jusqu’au bout quand je vois ce film. J’ai envie de dire que c’est principalement la faute à son scénario qui tend à beaucoup trop s’étirer. Au bout d’un moment, ça traine des pieds… Par contre, côté casting, je n’ai rien à redire : Samuel L. Jackson est au top, Robert De Niro offre un jeu surprenant mais intéressant, Pam Grier tient la route et Michael Keaton également. Non, de ce point de vue là, c’est du tout bon. Mais le reste l’est moins. Je crois que c’est, à mon sens, le film le moins personnel de Tarantino.

N°7 : Boulevard de la Mort, 2007

Boulevard-De-La-Mort_30966_4ea5e66d9dc3d83c3b001589_1320297611En plein trip grindhouse avec son pote Robert Rodriguez, Quentin Tarantino nous offre cette histoire de Stuntman Mike, le cascadeur qui roule des mécaniques et s’amuse à dézinguer de jolies jeunes femmes sur la route. Si Boulevard de la Mort a au moins le mérite d’être plus personnel que Jackie Bown et, j’ai envie de dire, plus dans le « ton Tarantino », il n’en demeure pas moins qu’il reste un électron à part dans la carrière de ce dernier. Les personnages par exemple ne correspondent pas aux codes du réalisateur. Alors évidemment, il faut savoir changer des choses parfois mais là, il nous propose une galerie de personnages dont aucun de correspond à son style. Ils sont tous particulièrement arrogants. On a des personnages arrogants chez Tarantino, bien sûr, mais en règle générale, ils sont équilibrés par un apport de personnages à l’antithèse de cela. Par exemple, l’arrogante Shosanna de Ingourious Basterds est rééquilibrée par un Marcel plus réfléchi. Ici, rien de tout ça et tout le monde y va de sa prétention. Je n’ai jamais aussi peu supporté un lot de personnages made in Tarantino que cette bande de nanas qu’on découvre au début du film. Déjà que le scénario, même s’il se laisse suivre avec plaisir, n’a pas grand-chose d’original, ses protagonistes n’arrangent pas les choses.

N°6 : Kill Bill – Volume 2, 2004

kill_bill_36A partir de ce stade, il n’y aura plus dans ce classement que des films que j’ai appréciés. Les départager et les classer n’a pas été chose aisée mais je crois avoir trouvé le bon compromis. Kill Bill 2 est donc 6ème dans ce classement. On m’a souvent répété que ce second volet des aventures de la Mariée était le meilleur mais je pense tout le contraire. S’il est tout aussi sanguinolent et violent, s’il aborde différent thèmes intéressants et si ses flash backs sont bien conçus, il n’en demeure pas moins que Kill Bill 2 reste un cran en dessous du premier épisode. La faute sans doute à son scénario qui, sans être ennuyeux, reste relativement plat par moments. Surtout la fin je dois dire. Une fois que la Mariée a réglé ses affaires avec Elle Driver et Budd, le film tourne un peu au ralenti pour aller tranquillement vers une fin dont j’ai tout de même douté jusqu’au dernier instant de la tournure qu’elle allait pouvoir prendre. Mais il y a d’excellentes choses dans ce film, à commencer par son casting, mais je pense notamment à ce passage claustrophobe durant lequel la Mariée se remémore les enseignements de son maître.

N°5 : Django Unchained, 2013

django-unchained-quentin-tarantino-movie-2012-1920x1200Après avoir vu Inglourious Basterds, je m’attendais à quelque chose de grand avec Django Unchained étant donné que Tarantino avait prouvé qu’il maîtrisait parfaitement les codes du western. Et finalement, il s’en détourne ! Mais ça aussi, je m’y attendais. Reste alors un western costaud, viril même mais qui n’use pas tant des codes habituels du genre. Django ressemble plus à un film d’action qui se déroule chez les cow-boys finalement. Mais ça ne fait rien, ça reste une très bonne surprise. Allez, on lui reprochera bien quelques menus détails comme une histoire qui présente des hauts et des bas, mais on l’oubliera vite tant on est happé par la déferlante Foxx-Waltz. Car oui, c’est bien ce duo qui fait le film. Il y a bien la patte Tarantino, la vengeance et l’hémoglobine mais ces deux acteurs-là font leur numéro dans Django. Christoph Waltz est idéal finalement tout comme Jamie Foxx est tout à fait dans le ton du film (quitte à en rajouter un peu, parfois). Et puis, il y a DiCaprio qui joue les méchants ! Une première tout à fait réussie pour lui et qui, je l’espère, donnera des idées à d’autres réalisateurs. Un film dont l’histoire m’a tout à fait convaincu, mais pas autant que son casting.

N°4 : Inglourious Basterds, 2009

inglourious_basterds01Ah, le voilà ! Inglourious Basterds, le film qui a fini de me convertir au culte de Quentin Tarantino (bien que le podium de ce classement avait déjà fait une très grosse partie du travail). A travers ce film, Tarantino finit de révéler son génie de la mise en scène. Un film sauce western dans une France occupée par les nazis. Il fallait y penser, Tarantino l’a fait. Mais si je voulais faire bref, je n’aurais qu’à vous énumérer le casting pour vous dire pourquoi j’adore ce film : Brad Pitt, Christoph Waltz, Michael Fassbender, Eli Roth… Bon, c’est vrai, on se serait bien passé de Mélanie Laurent mais tout ne peut pas être parfait. Et aussi, là où je me plains d’une galerie de personnages pas bien emballante dans Boulevard de la Mort, je suis parfaitement rassasié ici. Entre Aldo Raine, Hans Landa ou l’Ours Juif, il y a de quoi faire. Bien évidemment, on retiendra particulièrement le personnage d’Hans Landa, incarné par un Christoph Waltz que je connaissais pas jusqu’alors (comme beaucoup de monde en fait) mais qui a été une énorme claque, ma révélation de l’année 2009 (enfin un peu plus tard, je n’ai pas vu le film à sa sortie). Le tout posé sur un scénario très bien construit avec toutes ces ficelles qui finissent par se rejoindre en un gros nœud inextricable.

N°3 : Kill Bill – Volume 1, 2003

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Nous voilà donc au podium avec cette troisième place qui revient à Kill Bill, premier du nom. Je ne dirai pas grand-chose du casting puisque l’on est dans la même configuration qu’avec le Volume 2, à quelques détails près. Ce sur quoi j’insisterai d’avantage, c’est le dynamisme du film, à mon sens bien plus grand et efficace que dans sa suite. Kill Bill est bien plus énergique, plus prompt à quelques envolées. Le scénario ne souffre d’aucun temps mort alors que celui du 2ème volet s’en approchait parfois trop. Et puis Tarantino renoue ici avec une non-linéarité à la Pulp Fiction, ce qui m’a toujours emballé. Si je préfère cet épisode au suivant, c’est peut-être aussi parce qu’il est le premier. Il pose ainsi les bases, le contexte, les personnages et fait perdre à sa suite tout sentiment de nouveauté (il n’y en a pas vraiment de toute façon).

N°2 : Pulp Fiction, 1994

pulp_fictionC’est pourtant fréquent mais non, tout comme Boulevard de la Mort n’est pas le Tarantino que j’aime le moins, Pulp Fiction n’est pas mon préféré. Mais ça se joue à peu de choses, croyez moi. En fait, Pulp Fiction a tout pour me plaire : cette non-linéarité que j’adore, un style unique, un casting parfait, un scénario décalé… Tout dans ce film me plait. Et puis il y a ces dialogues, ces échanges à la fois absurdes et si bien écrits. Je reconnais volontiers que Pulp Fiction est la pierre angulaire du travail de Quentin Tarantino, le film qui le définit le mieux, celui qui lui correspond. A chaque scène, il trouve le moyen de me surprendre, de renouveler mon intérêt pour lui et de m’embarquer dans son délire.

N°1 : Reservoir Dogs, 1992

reservoir_dogs_wallpaper_hd_2-normal5.4Si on accorde, moi compris, à Pulp Fiction le titre de « film majeur de Quentin Tarantino », il ne faut pas oublier qu’avant cela, il y avait Reservoir Dogs et que c’est à lui que Pulp Fiction doit sa qualité. Car oui, Reservoir Dogs donne le La au style que Tarantino développe dans le film qui lui aura valu la Palme d’Or. On y retrouve tous les ingrédients essentiels : des personnages barrés, des dialogues surprenants, une mise en scène au plus près de la tension ressentie par les protagonistes… Car il s’agit bien de cela : vous faire entrer dans la bande malgré vous, vous forcer à suivre tous ces questionnements sur « qui est la balance ? ». Vous n’êtes pas là juste en spectateur, vous prenez part au problème et vous vous posez aussi la question. C’est pour cela que Tarantino a fait de ce film un huis-clos selon moi, pour nous obliger à prendre part à l’histoire et à ne pas seulement la regarder défiler. Avec Reservoir Dogs, Quentin Tarantino nous fait entrer dans son monde où les gangsters sont monnaie courante, définitivement.

Voilà donc ce que je pense (dans les grandes lignes) de la filmographie de Quentin Tarantino. J’aimerais bien faire un dossier complet sur son cinéma un jour, sur l’évolution qu’il a connu, ses hauts et ses bas mais l’ampleur du projet me refroidit un peu (pour le moment…). N’hésitez pas à partager votre propre point de vue, c’est toujours plus intéressant que de ne rien dire. Construisez votre propre classement si vous le voulez et postez-le en commentaire. Je vous laisse juste avec une petite question.

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7 réflexions sur “Mon classement des films de Quentin Tarantino

    • Je trouve ton classement intéressant car il est extrêmement proche de mon classement original, bien que je laissais tout de même « Reservoir Dogs » devant les deux « Kill Bill ».

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