Léon, Luc Besson, 1994

Léon, thriller de Luc Besson. Avec Jean Reno, Natalie Portman, Gary Oldman, Danny Aiello…
La note du Koala : 4/5

LeeonLe pitch : A New-York, Léon (J. Reno) est un nettoyeur, ou tueur à gages, qui vit en solitaire dans un immeuble où vit également la famille Lando. Mais lorsque le père de cette famille est accusé par Norman Stansfield (G. Oldman) d’avoir volé 10 % de la drogue qu’il devait planquer, celui-ci ne fait pas dans le détail et tue tout le monde dans l’appartement. Seule rescapée du massacre, Mathilda (N. Portman) ne trouve d’autre refuge que chez Léon.

La critique : Alors que Luc Besson voit sa carrière actuelle de plus en plus vivement critiquée en raison de la qualité inégale des films qu’il nous a proposés ces dernières années, Léon tombe à point nommé pour rappeler à ceux qui l’ont oublié que le réalisateur français compte quand même de belles œuvres à son actif.

Pourtant, pris comme ça, Léon n’est pas spécialement beau. C’est sale, le cadre est moche et, si on imagine bien, on pourrait même trouver que ça sent la sueur. Mais c’est bien là la marque de Luc Besson, cette capacité à vous plonger complètement dans l’univers qu’il dépeint dans son film. Besson ne craint pas de filmer la crasse sur les murs ou les grosses gouttes de sueur qui coulent sur les fronts. Sa mise en scène permet donc de se sentir compris dans l’ensemble et, à partir de là, on peut aisément se sentir concerné par ce qu’il se passe à l’écran. Les personnages par exemple n’en deviennent alors que plus attachant ou détestables selon les cas. Le tout repose sur un scénario qui, sans être des plus remarquables, brille par sa volonté de nous emmener au plus près des personnages.

leon2Car c’est bien ça qui fait le cinéma de Luc Besson. Non, ce n’est pas le scénario ou la mise en scène ou je ne sais pas quoi. Ce sont ses personnages et rien d’autre. Alors évidemment, il y a la patte Besson dans la mise en scène, je l’ai dit moi-même plus haut, mais les personnages apportent son identité au film et (s’il y en a) sa profondeur. Léon est le parfait exemple de cela puisque les personnages de Besson ne m’ont jamais semblé aussi intéressants qu’ici. Que ce soit Léon, Mathilda ou Stansfield, tous ont une identité propre, un quelque chose qui fait qu’ils sont reconnaissables entre 1 000. Et puis leurs relations (en particulier entre Léon et Mathilda du coup) sont assez bien travaillées. Ambigu, le lien qui relie le tueur à la jeune fille ne cesse de surprendre et contribue amplement à la construction des personnages.

movies-leon-the-professional-gary-oldmanMais il faut rendre à César ce qui appartient à César et mettre un point d’honneur à parler de l’interprétation que font de ces personnages leurs trois acteurs respectifs. Jean Reno, commençons par lui, est ici dans ce que je considère comme son meilleur rôle (largement). Froid et distant, il se révèle également particulièrement touchant. Il saisit la dualité du personnage de Léon, ce tueur qui n’est finalement pas si méchant que ça (d’ailleurs, certains critiqueront cet aspect là du film où le gentil est un tueur et le méchant un flic mais ça ne m’a pas dérangé). Regardez la scène où Léon est au cinéma et observez ce que Jean Reno en fait ressortir. Là, vous aurez tout compris sur le personnage grâce à un regard et un sourire. Natalie Portman, du haut de ses treize ans de l’époque, n’a pas à souffrir d’être entourée de deux grosses têtes d’affiches comme Reno ou Oldman. La jeune actrice s’en tirait déjà à merveille. Je parlais de l’ambivalence qui se tisse entre Léon et Mathilda et sans conteste à Natalie Portman qu’on la doit le plus. Elle la fait non seulement ressortir mais en plus, elle l’intensifie et fait en quelque sorte augmenter une tension permanente dont se dit que ça va finir par exploser (et je vous laisse voir la fin pour que vous voyiez ce que ça donne). Gary Oldman enfin est ici également dans l’un de ses grands rôles. Si son personnage de Stansfield est complètement barré, l’acteur ne lésine pas sur les moyens pour concrétiser cela à l’écran. Et ce n’est pas poussif, c’est excentrique sans être obsédant ou lassant. Non, non, non, Gary Oldman a créé un Norman Stansfield comme Hopkins a créé son Hannibal Lecter ou Kevin Spacey son John Doe : avec talent.

A vue de nez, je dirais sans me cacher que Léon est sans doute l’œuvre la plus aboutie de Luc Besson. Peut-être est-ce parce qu’il ne cherche pas autant à impressionner que dans Le Grand Bleu ou parce qu’il n’en fait pas des tonnes comme c’était le cas dans Nikita.

Le « Oh, au fait ! » :
A l’origine, le film devait s’intituler Le Professionnel. Seulement, le nom appartient déjà au film de Georges Lautner avec Jean-Paul Belmondo. Mais si le film s’intitule Léon en France, il conserve néanmoins le titre du Professionnel au Québec et à l’international.

Je ne l’ai appris que récemment mais Maïwenn et Samy Naceri apparaissent tous deux dans le film. La première incarne la blonde avec qui le gros monsieur du début du film souhaite passer du bon temps. Quant à Samy Naceri, difficile de le reconnaître puisqu’il incarne un agent du SWAT à la fin du film. Et, comme tous les agents du SWAT, il est cagoulé.

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