Total Recall, Paul Verhoeven, 1990

Total Recall, film de science-fiction de Paul Verhoeven. Avec Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone, Rachel Ticotin, Michael Ironside…
La note du Koala : 2/5

total-recall-afficheLe pitch : Dans le futur, Mars est devenue une planète colonisée par les Terriens. La planète rouge est également au cœur des pensées de Doug Quaid (A. Schwarzenegger), qui rêve régulièrement de celle-ci, s’y voyant alors en compagnie d’une femme brune. Obsédé par ce rêve, Doug souhaite de plus en plus se rendre sur Mars mais son épouse s’y refuse. Il décide de profiter des services de Rekall, un organisme capable d’implanter des souvenirs construits de toutes pièces. Mais l’expérience prend une tournure inattendue et Doug semble se retrouver pris au cœur d’un complot.

La critique : Adapter Philip K. Dick n’est pas chose aisée tant le fameux auteur de science-fiction a réussi à pondre des œuvres particulièrement bien filées et complexes. Total Recall en est bien la preuve.

En soi, Total Recall dispose d’arguments très convaincants. Dans ses grandes lignes, le scénario est tout ce qu’il y a de plus intéressant : manipulation des souvenirs, complot, seul contre tous… Il y a de quoi composer un film qui détonne, un film qui roule sans problème de péripétie en péripétie, le tout dans une débauche d’action qui laisserait pantois ! Mais non… Non car il manque quelque chose. Je ne sais pas quoi mais le fait que ça ne soit pas là enlève beaucoup de choses au film. Ou peut-être est-ce juste qu’il a extrêmement mal vieilli. Au fond, Total Recall souffre peut-être de ce syndrome qui a atteint nombre de films des late 80’s et qui fait qu’ils sont quasiment irregardables aujourd’hui. Déjà, malgré ses forces, le scénario présente des faiblesses qui lui font perdre le rythme parfois mais, surtout, qui tendent à se laisser décrocher tranquillement. L’action et la tension augmentent puis décroissement de manière incessante pour finalement donner une machine qui roule avec de sérieux à-coups…

Total Recall-Arnold Schwarzenegger-Douglas QuaidJe sais que c’est facile de taper sur les effets spéciaux de films qui ont maintenant une bonne trentaine d’années alors je ne parlerai pas trop du ridicule de certains effets (bon dieu, comment peut-il se sortir un machin du nez ?) ou alors juste pour dire qu’il ne faut pas compter là-dessus pour garder un souvenir impérissable du film. Non, ce qui m’a le plus gonflé, c’est cette volonté pourtant louable de vouloir porter une certaine réflexion dans le scénario et dans le propos qu’il soulève et de finalement la laisser s’éteindre sous un déluge de n’importe quoi. C’est pourtant intéressant de perdre le spectateur, d’essayer de le faire douter jusqu’à la dernière seconde de la véracité de ce qui vient de se produire devant ses yeux pendant près de deux heures. Mais la réalisation n’aide en rien cette possibilité et l’enterre rapidement. Alors oui, Paul Verhoeven et ses scénaristes distillent tous les éléments qu’il faut là où il faut pour construire tout ce complexe schéma mais à aucun moment ils ne s’essaient à une synthèse de tout ça, à une tentative de vue d’ensemble de la question. Le lien entre les différents indices ne se fait pas.

total_recall_1990_pic01Du côté du casting, il n’y a pas de grandes surprises. Schwarzy n’est pas là pour disserter sur Nietzsche mais plutôt pour casser des gueules et c’est ce qu’il fait. De toute façon, je n’ai jamais vraiment accroché à ses talents d’acteur. S’il me divertit dans certains de ses films, il ne m’enthousiasme jamais. Là c’est pareil, tout simplement. Et malheureusement, il n’y a pas grand chose de plus à dire au sujet  du reste de l’équipe. Que ce soit Sharon Stone, Rachel Ticotin, Michael Ironside ou n’importe qui d’autre, tous sont ni plus ni moins que dans la moyenne de ce qu’ils pouvaient offrir. Et quand je dis la moyenne, je veux dire qu’ils ne sont pas bons, sans pour autant être mauvais. Ils sont entre les deux : fades.

Alors que j’avais entendu beaucoup de bien de ce qui avait fini par me sembler être un monument du cinéma de SF, je me retrouve face à un scénario ébauché plus que travaillé et presque plus digne d’un nanar que du grand film d’anticipation. Bref, j’ai été particulièrement déçu.

Le « Oh, au fait ! » :
Total Recall a largement laissé son empreinte dans la culture populaire. Par exemple, la chanson IMBL (Implant Memory Bank Limited) de Billy Ze Kick est une référence au film de Verhoeven.

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