Ne Nous Fâchons Pas, Georges Lautner, 1966

Ne Nous Fâchons Pas, comédie de Georges Lautner. Avec Lino Ventura, Jean Lefebvre, Michel Constantin, Mireille Darc…
La note du Koala : 4/5

original_421369Le pitch : Antoine Beretto (L. Ventura) est un ancien gangster rangé devenu armateur. Mais sa routine est rompue lorsque deux anciens amis viennent le voir pour lui emprunter 40 000 Francs et être emmenés en Italie par la mer. Afin de le rembourser, les deux fugitifs lui donnent le nom de Léonard Michalon (J. Lefebvre) qui doit justement 40 000 Francs aux deux malfrats. Mais Antoine Beretto n’est pas le seul à vouloir trouver Michalon.

La critique : Les années 1960, George Lautner, Lino Ventura, Jean Lefebvre… Et voilà de quoi ériger une comédie qui soit à la fois drôle et prenante.

Car c’est souvent le problème des comédies françaises actuelles : soit elles ne sont pas drôles, soit elles s’essoufflent (quand ce n’est pas les deux en même temps…). Alors qu’à l’époque, on savait faire marrer tout en suivant un scénario qui tienne la route, ou tout du moins qui tienne la longueur. Georges Lautner est, de toute façon, un gage de qualité dans ce domaine, surtout quand on a vu Les Tontons Flingueurs, dans lequel il s’amusait déjà à dézinguer l’image des gangsters. Ici, la formule est la même : quelques gros bras, des méchants un peu ridicules sur les bords, des boulets… Lautner reprend les mêmes ingrédients et la même recette et, forcément, ça donne le même résultat. Ne Nous Fâchons Pas devient alors une comédie exemplaire, un modèle dont on devrait plus souvent s’inspirer.

large_425439Mais la travail de Georges Lautner, aussi louable soit-il, n’est pas le seul facteur de réussite de ce film, tout comme dans Les Tontons Flingueurs d’ailleurs. Non, il faut aussi mentionner l’importance capitale des dialogues signés, on l’aurait deviné, par Michel Audiard. Ce dernier offre une nouvelle fois des répliques de grand cru dont il a le secret. Il applique sa gouaille habituelle, ses expressions loufoques mais toujours bien trouvées à ces personnages qu’on imagine difficilement parler autrement au final. Tout ceci (dialogues et scénario) à la création d’une ambiance générale construite, fiable et qui n’est pas excessive, ni trop excitée. On dit souvent qu’il ne faut pas trop user de l’adage « c’était mieux avant » mais franchement, les comédies françaises, c’était bien mieux avant.

Ne-Nous-Fachons-Pas-91-4eef4caf760ee319a700085a-1324604933Quant au casting, rien à redire là non plus. Lino Ventura fait le job jusqu’au bout une fois de plus. Si son personnage ressemble énormément à celui de Fernand Naudin, rapprochant encore un peu plus ce film des Tontons Flingueurs, il en tire avantage en donnant le meilleur de lui-même. Car, si Ventura était un excellent acteur, c’était bien dans ces rôles de gangsters qu’il excellait. On notera également la prestation de Jean Lefebvre, dont je me demande combien de claques il a pu se prendre dans sa carrière. Il troue en Léonard Michalon un personnage proche de ses rôles habituels, ceux de gentils boulets vous voyez ? Le fait que ces deux acteurs incarnent ici des personnages assez typiques de leurs carrières respectives conduit à une certaine absence de surprise, de réelle nouveauté mais en même temps, c’est l’assurance d’une partition sans fausse note. On n’oubliera pas enfin de mentionner Mireille Darc, plutôt subtile bien que parfois trop nunuche, et évidemment Michel Constantin, l’inséparable acolyte de Ventura qui donne idéalement la réplique à ce dernier, ce qui contribue grandement à façonner le lien qui unit leurs deux personnages respectifs dans ce film.

Ne Nous Fâchons Pas est donc une comédie très bien composée, largement ancrée dans l’univers commun Lautner/Audiard et dont on pourra regretter que les comédies actuelles ne s’en inspirent pas plus.

Le « Oh, au fait ! » :
S’il y a une scène mémorable dans ce film, c’est bien celle du pont et de la destruction de celui-ci. Afin de tourner ce passage, Georges Lautner a profité de la destruction du viaduc de Malvan, situé non loin de Saint Paul de Vence. Le pilier central que l’on voit dans le film était le seul vestige du viaduc, dont le reste avait été détruit en 1944.

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