Jeux de Pouvoir, Kevin Macdonald, 2009

Jeux de Pouvoir, thriller de Kevin Macdonald. Avec Russell Crowe, Ben Affleck, Rachel MacAdams, Robin Wright Penn…
La note du Koala : 4/5

afficheLe pitch : D’un côté, un SDF se fait assassiner dans la rue pour une histoire de mallette. De l’autre, l’assistante de Stephen Collins (B. Affleck) meurt dans le métro. Deux histoire a priori sans liens. Pourtant, le journaliste d’investigation Cal McAffrey (R. Crowe) ne tarde pas à découvrir qu’une histoire plus sombre encore lie ces deux affaires.

La critique : Après une petite pause estivale, me revoilà au travail sur ce blog. Et quoi de mieux pour reprendre les affaires qu’un thriller politique difficilement pitchable et adapté d’une série télé de la BBC ?

Je vous l’avoue sans honte, je n’avais strictement jamais entendu parler de la série éponyme avant de voir son nom s’inscrire au générique de Jeux de Pouvoir. Cela semble pourtant être une erreur de ma part. Pourquoi ? Mais parce que l’univers dans lequel plonge ce film est fascinant, d’autant qu’il est exploré d’une manière honorable et cela donne bien envie de découvrir la version télévisuelle de ces histoires politiques (et puis dans cette série, il y a Bill Nighy et James McAvoy, ça ne se refuse pas). En soi pourtant, Jeux de Pouvoir n’apporte pas de grandes nouveautés à un genre (hélas !) usé jusqu’à la corde et qui mériterait bien un petit coup de jeune. On retrouve les schémas habituels des politiques et de leurs magouilles, du journaliste d’investigation chevronné et voué à apporté la Vérité, ce genre de choses. Mais l’essentiel quand on emploie ces mécanismes désormais bien connus, c’est de réussir à les employer correctement afin de ne pas donner une sensation de déjà-vu au spectateur. Kevin Macdonald semble en avoir conscience et livre une œuvre certes inégale mais qui remplit aisément son rôle de thriller distrayant (si l’on peut dire qu’un thriller est distrayant).

jeux-de-pouvoir-photo-4Si je dis que ce film est assez inégal, c’est pour deux raisons principales. La première est que, comme je le disais, il repose sur les habituels mécanismes du genre et on sent parfois que le scénario a du mal à s’en affranchir. Si la qualité de l’ensemble reste tout à fait convenable, je regrette de voir cette histoire parfois s’enliser au cours de certaines scènes dans divers clichés et autres ressorts rouillés. Ensuite, le deuxième raison est que le film tend parfois à tirer sur la longueur. Ce n’est pas ce qu’il y de plus récurrent ici mais certaines scènes, qui pourraient être courtes mais justes, deviennent dispensables. Néanmoins, tout ceci ne laisse pas trop le film en souffrance. Ce dernier s’en sort en fait grâce à son scénario qui tient globalement la route, avec un twist final dont on pouvait se douter, je le concède, mais que je n’ai absolument pas vu venir.

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Et puis il y a ce casting qui m’a d’abord surpris (voir Affleck face à Crowe, je ne savais pas trop ce que ça allait donner) et qui m’a finalement bien convaincu. Russell Crowe est, de toute façon, une valeur sûre. Il a ce je-ne-sais-quoi qui fait qu’il arrive à s’imposer, grâce à ses qualités naturelles et malgré ses défauts, comme une évidence une fois qu’on le voit à l’écran. Je ne me pose même pas la question de savoir qui aurait pu faire un meilleur  Cal McAffrey : Russell Crowe est Cal McAffrey, point. Il est juste, parfois trop cliché c’est vrai mais ça reste un plaisir. Quant à Ben Affleck, que je n’ai finalement que trop peu vu au cinéma (Daredevil, Il Faut sauver le Soldat Ryan et Will Hunting jusqu’à présent), il me laisse ici une bonne impression qui demandera à être confirmée par une découverte plus approfondie de sa carrière (faudrait que je vois Argo d’ailleurs). Mais, pour ce qui est de ce film, il me semble qu’il n’y a pas grand chose à redire sur sa prestation. Comme Crowe, il reste plutôt juste bien que trop mécanique parfois. En tous cas, il gagne des points sur mon échelle de confiance concernant sa future apparition dans le rôle de Bruce Wayne/Batman. Le reste du casting, à l’exception peut-être de Rachel McAdams (qui arrive à se mettre en lumière sans pour autant être exceptionnelle), souffre néanmoins d’une position de second plan trop prononcée et personne ne semble vouloir faire de véritable effort pour mieux se mettre en avant. Ah si, il y a Robin Wright Penn (je l’avais oubliée) qui ne s’en sort pas mal du tout, il faut l’admettre.

Kevin Macdonald livre donc un thriller politique rondement mené. Si le film aurait mérité quelques ajustements devant et derrière la caméra, il remplit néanmoins sa mission.

Le « Oh, au fait ! » :
A l’origine, Jeux de Pouvoir devait marquer la réunion de Brad Pitt et Edward Norton, qu’on avait déjà vus ensemble dans l’inoubliable Fight Club. C’est Brad Pitt lui-même qui a fait appel à Russel Crowe pour reprendre le rôle qui lui était destiné.

 

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2 réflexions sur “Jeux de Pouvoir, Kevin Macdonald, 2009

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