La Planète des Singes : Les Origines, Rupert Wyatt, 2011

La Planète des Singes : les Origines, film de science-fiction de Rupert Wyatt. Avec James Franco, Andy Serkis, Freida Pinto, Tom Felton…
La note du Koala : 4/5

La-Planète-des-singes-les-origines-MegauploadCe film est suivi par La Planète des Singes : L’Affrontement (Matt Reeves, 2014).

Le pitch : Will Rodman (J. Franco) travaille dans un laboratoire sur le développement d’un remède contre la maladie d’Alzeihmer, dont son père (J. Lithgow) est atteint. Will découvre aussi que ce remède a aussi la capacité d’accroître l’activité cérébrale. Lorsque le projet tombe à plat, suite à l’agressivité de la femelle chimpanzé, Will recueille le petit de celle-ci. Étonnamment, le bébé singe a hérité génétiquement des capacités mentales supérieures de sa mère.

La critique : Avant les bande-annonces, la promotion et la sortie en salles de ce film, cette nouvelle version de La Planète des Singes s’est faite relativement discrète. Et pourtant, c’est à un très grand film de science-fiction que nous avons ici affaire.

Rise-Of-The-Planet-of-the-Apes-110622-08-700x391Qu’on mette les choses au clair, ce nouveau film n’est pas un remake du film du Franklin J. Schaffner sorti en 1968. Il ne s’agit pas non plus d’une nouvelle adaptation du roman de Pierre Boulle (que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas lu). Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que, dans un cas comme dans l’autre, l’histoire ne correspond pas. Ici, Rupert Wyatt nous raconte comment les singes prennent le dessus, ou plutôt, comment ils accèdent à un degré d’intelligence supérieur. En cela, on pourra plutôt considérer La Planète des Singes : les Origines comme un remake du film La Conquête de la Planète des Singes (1972), même si on en est assez loin puisque l’histoire n’a pratiquement rien à voir. En fait, c’est même plutôt un prequel de ce film… Mais ne tournons pas plus autour du pot : le film de Rupert Wyatt, s’il rend hommage à la saga culte des années 1970, n’a rien à voir avec cette dernière. Il s’agit bien d’un nouveau commencement.

la_planete_des_singes_origines_005Le scénario est divisé en deux temps. La première partie du film est plus axée autour de la psychologie des personnages. Au fil des années, César découvre les sentiments humains tels que l’amour ou la complicité mais surtout la peine, la tristesse, la trahison… Amenée avec un certain tact finalement, cette première phase permet de poser le film sur des bases saines. Expliquée, la situation n’en devient que plus facile à assimiler et à accepter. L’évolution de César se fait graduellement à travers différentes étapes marquant la vie du jeune singe jusqu’au point tournant, dont l’arrivée a été minutieusement préparée. Tout le temps que dure la première partie du film, différents événements sont là pour préparer le terrain, disséminés comme autant d’indices qui laissent comprendre que la situation ne peu que changer, pour ne pas dire dégénérer. Et c’est là que l’on entre dans la seconde partie du film : la révolte. On passe ici à un registre beaucoup plus marqué par l’action, dont l’intensité est soulignée par une mise en scène léchée et une musique plus que cohérente avec le propos. Les singes se libèrent de leurs chaînes et s’organisent, menés par César, pour ne plus être dominés par l’Homme. Dans leur ensemble, les différents événements qui constituent cette révolte sont très bien amenés. Il arrive parfois que l’on devine ce qu’il va se produire mais on reste constamment en haleine. Parfois un peu raccourci/téléphoné, le scénario n’en demeure pas moins une pièce à saluer.

james franco - rise of the planet of the apes_ -En ce qui concerne le casting, je suis loin d’être déçus. James Franco est le premier à féliciter pour son interprétation. Tout en évitant assez bien les pièges que ce rôle de Will tendait (à savoir un pathos trop exacerbé notamment), il réussit à nous faire voir ce lien qui unit le personnage de Will et César, à le rendre plus réel, plus consistant. Et puisque l’on parle de César, ce dernier est par ailleurs interprété par un Andy Serkis depuis longtemps devenu maître de la motion capture, technique qui consiste à faire jouer le personnage par un acteur réel puis à le matérialiser sur ordinateur. Serkis donne à ce chimpanzé des expressions si humaines qu’il réussit à mettre plus en avant encore l’évolution de César vers ce degré d’intelligence supérieur à celui des autres singes. Ces deux acteurs portent finalement presque tout le film sur leurs épaules mais on notera tout de même les prestations tout à fait remarquables de John Lithgow et de Tom Felton, respectivement Charles Rodman (le père de Will) et Dodge (gardien de l’abri pour singes). D’ailleurs, c’est à croire que Tom Felton est fait pour ces rôles de personnages si détestables.

Bref, avec La Planète des Singes : les Origines, l’univers de Pierre Boulle renaît de ses cendres avec brio et on espère une suite même si, finalement, elle n’est pas forcément nécessaire.

Le « Oh, au fait ! » :
Le film regorge de références aux anciens films de la saga des années 1970. Petits exemples en pagaille :
– la réplique de Dodge lorsque César se rebelle contre lui : « Enlève tes sales pattes de mon bras, enfoiré de macaque », référence claire à la réplique de Charlton Heston dans le film de Franklin J. Schaffner.
– la mère de César est surnommée « Beaux Yeux », comme le personnage de Taylor (C. Heston) toujours en 1968.
– le premier mot de César est « non », comme le raconte Cornélius dans Les Evadés de la Planète des Singes (1971).
– le directeur de l’abri pour singes a pour nom de famille Landon, comme l’un des coéquipiers de Taylor dans le film de 1968.
Et il y en a d’autres !

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4 réflexions sur “La Planète des Singes : Les Origines, Rupert Wyatt, 2011

  1. J’ai été assez déçue par ce film, je dois dire ! Je l’ai vu il y a un an, donc ma mémoire n’est pas si fraîche, mais je lui ai trouvé quelques passages un peu trop à l’américaine. En dehors de ça, le duo James Franco/Andy Serkis (et donc César) fonctionne vraiment bien, c’est certain. Mais je ne sais pas, quelque chose m’a un peu dérangée. :p Ça reste un film tout à fait regardable, cela dit.

    • Sûr, il y a quelques « quarts d’heure américains » mais je trouve qu’ils sont (pour une fois) plutôt bien distillés dans l’ensemble. De toute façon, je suis un inconditionnel de tout ce qui touche à l’œuvre originale de Pierre Boulle et ses dérivés (sauf la série TV), ce qui explique un éventuel manque d’objectivité. 😀

  2. Pingback: La Planète des Singes : L’Affrontement, Matt Reeves, 2014 | Dans mon Eucalyptus perché

  3. Pingback: [Rétrospective] La Planète des Singes, Franklin J. Schaffner, 1968 | Dans mon Eucalyptus perché

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