The Artist, Michel Hazanavicius, 2011

The Artist, comédie dramatique de Michel Hazanavicius. Avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, James Cromwell, John Goodman…
La note du Koala : 4,5/5

the-artist-afficheLe pitch : A la fin des années 1920, le cinéma évolue. Le muet laisse peu à peu la place au parlant et George Valentin (J. Dujardin), star du cinéma muet, voit sa carrière s’arrêter quand le public plébiscite les films sonorisés et ses nouvelles vedettes, comme Peppy Miller (B. Bejo).

La critique : Faire un film en noir et blanc n’est plus chose aisée. Spielberg l’avait pourtant bien fait avec brio en réalisant La Liste de Schindler en 1993. Mais il y avait des paroles ! Michel Hazanavicius, pour son hommage au cinéma, va plus loin et coupe le son.

the-artist-photo-2L’idée de réaliser un film qu’on pourrait croire sorti des années 1920 m’a particulièrement plu, non pas parce que je suis fan de ces vieux films, mais surtout parce que c’est une preuve d’un sacré culot. A l’heure où les studios sont à leurs superproductions et autre blockbusters d’inégales qualités, Hazanavicius se prend à rappeler à qui veut l’entendre d’où vient le cinéma, par quoi il a dû passer. Et pour cela, quoi de mieux que de faire un film tel qu’on savait les faire autrefois ? Si l’hommage se fait ainsi dans la forme, il ne faut pas pour autant oublier toute la révérence faite à travers le propos qui est ici tenu. Car au-delà d’être simplement un ovni dans le paysage cinématographique actuel, The Artist cherche en quelque sorte à apporter sa réponse à un cinéma dont on peut croire qu’il ne sait plus trop où il va : aller de l’avant sans oublier l’héritage du passé. Savoir puiser dans l’ancien de quoi renouveler le nouveau. Hazanavicius offre son message en l’appliquant à son propre travail.

www.indiewire.comLà où le talent du réalisateur de La Classe Américaine parle encore, c’est qu’il évite de tomber dans le piège qui consistait à réaliser un film comme à l’époque dont il parle. On aurait ainsi pu se retrouver avec l’histoire d’un explorateur qui rencontre des tribus indigènes ou un film de cape et d’épées. Dès lors, l’originalité aurait été de le faire en 2011 mais elle se serait limitée à cela. Or, Michel Hazanavicius contourne l’obstacle et apporte ce petit plus qui change tout. Sans spoiler , je dois souligner que du cauchemar de George Valentin au final du film, il y a certains éléments qui changent la donne. Le cinéaste surprend avec brio et évite la lassitude qui aurait pu gagner le spectateur. Le seul reproche que je ferai à The Artist, c’est que je le trouve un peu longuet par moments mais ce n’est rien de bien dramatique en soi. Et il ne faut pas oublier parler des compositions de Ludovic Bource, qui offre ici une bande originale exceptionnelle qui permet de rythmer le film. Toujours dans le ton et sans fausses notes, le compositeur construit un support sur lequel peut s’appuyer l’histoire pour développer tout le pan émotionnel de celle-ci.

The Artist_bejoEnfin, on ne peut pas parler de The Artist sans évoquer son casting et tout particulièrement le tandem Dujardin-Bejo qui offre ici une prestation formidable. Car qui dit film muet dit nécessairement expressivité. Que ce soit par les expressions du visage ou par la gestuelle, tout doit être mis en œuvre pour que le spectateur saisisse au mieux les différentes émotions qui traversent les personnages. Avec Jean Dujardin, je me doutais qu’il n’y aurait pas de problème. Avec les deux OSS 117, il avait déjà réussi à prouver qu’un haussement de sourcil pouvait tout changer. Il le rappelle ici et livre un jeu dans les règles du genre. Quant à Bérénice Bejo, elle m’a très agréablement surpris. Si je ne doutais pas de ses qualités, je dois tout de même avouer que je ne la connais que très peu, d’où quelques interrogations (tant positives que négatives). Mais avec son interprétation de Peppy Miller, elle m’a conquis ! Elle réussit également à entrer dans les codes du cinéma muet américain de l’entre-deux. Visage aux émotions criantes, gestuelles millimétrée, tout est là pour nous immerger un peu plus dans l’ambiance de ces vieux films.

the-artist-12-10-2011-3-gMichel Hazanavicius remporte donc son pari et prouve avec The Artist que l’originalité est encore de mise dans le cinéma d’aujourd’hui. Ouf !

Le « Oh, au fait ! » :
Sur la dernière photo, vous aurez peut-être reconnu Malcolm McDowell, l’interprète d’Alex DeLarge dans Orange Mécanique. Pour info, sachez aussi que le policier que le chien de George Valentin va chercher lorsque celui-ci a mis le feu à sa maison est incarné par Joel Murray, le petit frère de Bill Murray.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s