Inglourious Basterds, Quentin Tarantino, 2009

Inglourious Basterds, film de guerre de Quentin Tarantino. Avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Diane Kruger…
La note du Koala : 5/5

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Le pitch : En 1940, le Colonel Hans Landa (C. Waltz) fait tuer la famille de Shosanna Dreyfus (M. Laurent), juive cachée chez un fermier. Elle seule survit et se réfugie à Paris, où elle reprend un cinéma. A peu près au même moment, le Lieutenant Aldo Raine (B. Pitt) recrute des juifs américains pour grossir les rangs de ses « bâtards », groupe dont le but est de tuer et scalper les nazis. En 1944, Goebbels organise la première de son film La Fierté de la Nation dans le cinéma de Shosanna, en présence d’Hitler. Cette soirée est l’occasion rêvée pour Shosanna de se venger et pour les « bâtards » d’en finir avec les nazis.

La critique : Quand on a appris que Quentin Tarantino voulait faire un film de guerre, il faut avouer que nombreux on été ceux qui furent surpris. Quand on connaît l’univers du réalisateur, on ne savait pas trop à quoi s’attendre avec un film de ce genre. Et finalement, la surprise a bien été là et elle a été bonne.

Film Title: Inglourious BasterdsInglourious Basterds n’est pas un film de guerre à proprement parler. Certes, il se déroule au cours de la Seconde Guerre mondiale et met en scène des nazis, des juifs et des militaires mais il se démarque complètement de tous les autres films du genre par une idée qui peut paraître incongrue au départ mais qui, finalement, semble relever du génie. Tarantino a fait de ce film un véritable western. Tout nous rappelle des films comme Il était une fois dans l’Ouest ou encore Le Bon, la Brute et le Truand. Il y a une atmosphère qui est typique de ces films et que l’on retrouve ici. La plupart des plans sont parfaitement en accord avec cela. On peut notamment prendre l’exemple de la scène où Aldo Raine et ses hommes ont capturés trois nazis (après avoir scalpés tous les autres) afin d’obtenir des informations. Ici, on retrouve ces plans dérivant lentement vers un côté ou l’autre de l’écran et nous montrant des hommes (le plus souvent de loin) qui regardent fixement dans notre direction. On a aussi ce plan fixe sur le personnage au cœur du mouvement (ici le premier nazi à être appelé par Aldo). Les gros plans sont aussi au rendez-vous et exactement là où on les attends : au moment où deux personnages sont confrontés l’un à l’autre. On a ici une parfaite scène de western.

inglourious-basterds-inglorious-basterds-19-08-2009-21-08-2009-39-gMais comme la forme sans le fond n’est pas grand-chose, il ne faut pas oublier de mentionner la qualité du scénario. Tarantino reprend un de ces thèmes fétiches (la vengeance, qu’il avait déjà sublimée avec les deux Kill Bill) et construit atour de cela une histoire parfaite. Le rythme l’est tout autant. On ne peut pas s’ennuyer devant Inglourious Basterds. Et si certaines scènes peuvent sembler un peu plus longues, ça ne fait rien car la tension palpable (cette intro, nom de dieu, cette intro) rend la chose très fluide et on ne peut pas décrocher, à aucun moment ! Oui, je crois que ça tient tout simplement du génie.

redemption-for-lapetitEnsuite, Inglourious Basterds brille par son casting 5 étoiles. Brad Pitt est tout à fait admirable dans son rôle. On relèvera notamment la scène au cinéma et où il reprend les expressions faciales de Marlon Brando dans Le Parrain. On y croirait. Ensuite, révélation de ce film : Christoph Waltz. Il est exceptionnel dans le rôle de Hans Landa, dit « le chasseur de juifs ». Il donne un aspect à ce personnage qui est tout à fait particulier. Landa est un personnage extrêmement sadique et cruel et aussi très détaché. Et Waltz nous donne à voir cela à la perfection. Il l’incarne avec conviction et nous submerge de son talent. Rappelons que sa prestation dans ce film lui a valu un Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes (amplement mérité). La scène d’ouverture du film, encore une fois, est d’ailleurs parfaite et laisse comprendre, dès les tous premiers instants de l’œuvre, que cet acteur va sans doute jouer pour beaucoup dans son succès mais également connaître une renommée amplement méritée !

Enfin, ce que l’on appréciera avec Inglourious Basterds, c’est sa réécriture de l’Histoire. La fin est particulièrement inattendue (et tellement jouissive).

Tarantino signe ici l’une de ses œuvres les plus originales.

Le « Oh, au fait ! » :
Un autre film de guerre porte quasiment le même nom que celui-ci : The Inglorious Bastards, sorti en 1978. En France, il est intitulé : Une Poignée de Salopards.

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3 réflexions sur “Inglourious Basterds, Quentin Tarantino, 2009

  1. Mouarf, je vois que tu sors le grand jeu en proposant la critique d’Inglourious !
    « Cette intro, nom de dieu, cette intro »… C’est exactement ça. Cette intro m’a complètement bluffée, cette tension palpable, et ce Waltz, ce Waltz (je crois que c’est Hans Landa et pas Lando, au passage)… cette perfection de jeu d’acteur, ses mimiques, son air bienheureux qui change soudainement en expression implacable… argh, mes mots se perdent. Le Frenchie inconnu au bataillon s’en sort très bien aussi d’ailleurs dans cette intro, je trouve.

    Après, concernant le reste du film, je serais peut-être un poil plus modérée. En fait, les moments de tension magnifiquement mis en scène (dans le bar au sous-sol (Fassbender !), le tête-à-tête entre Landa et Shosanna, etc.), et comme ils sont nombreux, ça passe bien. Mais toutes les scènes ne sont pas égales, je trouve. L’explosion finale avec Mélanie Laurent qui apparaît en riant diaboliquement à la fin… C’est du Tarantino donc ça passe ; on sent bien les références aux vieux films dans la réalisation, mais j’ai toujours un peu de mal avec ce genre de mise en scène. Et Laurent, parlons-en justement… aïe aïe aïe ! C’est bien le seul point noir du casting. Autant ça va encore dans ses expressions faciales, autant sa manière de parler est vraiment à revoir. Ce n’est pas une très bonne actrice, je trouve, même si elle se débrouille mieux dans des rôles mieux taillés pour elle, dans le genre fille distante (« Le Concert », « Je vais bien, ne t’en fais pas »).

    Enfin bref, très bon film cela dit, et cette PUTAIN d’introduction, urf. Et Brad Pitt qui joue toujours aussi bien les cons finis. Ça devrait commencer à l’inquiéter !

    • Oula, oui, Landa évidemment ! Merci de me faire remarquer cette faute que je vais corriger plus vite que ça !

      Tu as raison de souligner la qualité des prestations de Michael Fassbender et Denis Ménochet (car c’est son nom). D’ailleurs, l’intro doit autant à ce dernier qu’à Waltz et à une mise en scène impeccable.

      Mélanie Laurent, je ne sais pas… Je n’arrive pas à me décider sur ce que je pense d’elle ici, ce qui explique que je n’en parle pas dans la critique. C’est mi-figue, mi-raisin en fait.

      Quant à Brad Pitt et ses rôles de cons finis comme tu dis, il a obtenu mon respect éternel avec « Burn After Reading ». 😀

  2. Pingback: Ciné Sounds n°19 – "Django" par Rocky Roberts et Luis Bacalov | Dans mon Eucalyptus perché

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